‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 91 sur 109 · DISCOURS PRONONCÉ DANS LA CONVENTION FÉDÉRALE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ DANS LA CONVENTION FÉDÉRALE

Sur le traitement des chefs de VÈtat.

C'est avec regret que je me lève pour combattre un article du projet de Constitution^ car je reconnais tout ce que nous devons à Thouorable membre qui Ta rédigé ^ Depuis la première lecture qui en a été faite, j'ai été favorable à ce projet, et j'en désire le succès. Mais, en ce qui touche le salaire du pouvoir exécutif, je suis d'un avis différent. Mon opinion peut paraître nouvelle et chimérique, mais j'ai la conviction qu'elle est juste : c'est le devoir seul qui me décide à la hasarder. Le comité jugera mes raisons quand il les aura entendues, et peut-être son jugement fera-t-il changer le mien. Je vois des inconvénients à établir un salaire, je n'en vois aucun à le refuser, et tout au contraire j'y trouve de grands avantages.

Il y a deux passions qui ont une puissante influence sur les affaires humaines. C'est Y ambition et l'avance, l'amour du pouvoir et l'amour de l'argent ^. Prise séparément, chacune de ces passions a une grande force pour pousser les hommes à agir; réunies, elles ont les effets les plus violents sur beaucoup d'esprits. Offrez à ces personnes un poste à! honneur^ qui soit en même temps une place de profit^ ils remueront ciel et

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