Exode j chap. xxx
fortune du peuple serait dévorée par raristocratie de cette famille.
Moïse nia qu'il se fût rendu coupable de péculat, et ses accusateurs ne purent alléguer aucune preuve contre lui , quoiqu'il soit aisé de prouver des faits , quand ils sont vrais. « Je n'ai point, dit-il, avec la sainte confiance que lui inspirait la présence de Dieu, je n'ai point pris au peuple la valeur d'un âne, ni rien fait qui puisse lui nuire. » Mais les propos de ses ennemis avaient eu du succès parmi la populace ; car il n'est aucune espèce d'accusation aussi aisément faite, ou aussi aisément acceptée, par les fripons, qu'une accusation de friponnerie.
Enfin, il n'y eut pas moins de deux cent cinquante des principaux hébreux, « fameux dans l'assemblée et hommes de renom', » qui se portèrent à exciter la populace contre Moïse et Aaron, et lui inspirèrent une telle frénésie, qu'elle s'écria : « Lapidons-les, lapidons-les ; et assurons, par là, notre liberté. Choisissons ensuite d'autres capitaines, qui nous ramènent en Egypte, si nous ne réussissons pas à vaincre les Cananéens. »
En somme, il paraît que les Israélites étaient un peuple jaloux de sa nouvelle liberté, jalousie qui, en soi, n'est point un défaut : mais quand ils se laissèrent enflammer par des hommes artificieux, qui pré* tendaient n'avoir en vue que le bien public, tandis qu'ils ne songeaient qu'à leur intérêt particulier, les Juifs se laissèrent entrainer à repousser leur nouvelle constitution, et, par là, ils s'attirèrent beaucoup d'em-