‹ Essais de morale et de critique (volume 2)Chapitre 11 sur 45 · II. AUGUSTIN THItStlnï. 1J · texte numérisé non relu

II. AUGUSTIN THItStlnï. 1J

pas été bien comprise 1 . Les problèmes religieux et philosophiques n'avaient jamais été l'objet des réflexions du M. Thierry. L'histoire n'était pour lui que le tableau de la vie civile des peuples, et la religion n'avait figuré dans ses récits que surboi-donnée à lu politique.' Il connaissait peu sous leur forme théologique les dogmes dout.il a su présenter avec tant d'intérêt le rôle social. Aussi, quand les besoins religieux, que l'ije et le spcdaele ik's révolutions ibnl toujours 1 naître, se réveillèrent chez lui, se trouva-t-il novice et candide en présence du- problème qui exige le plus de réflexion et de finesse d'esprit, l'eu ami des abstractions, toujours porté a prendre les choses par le côté pratique, il accepta la religion comme un fait établi, et ne porta pas dans son adhésion de grands raffinements. Son goût délicat lui disait qu'il faut mourir dans une religion; or le catholicisme lui apparaissait comme la plus complète des religions, et surtout comme la religion de la France. 11 s'y attacha sinci-

< J'ai rormiiiiiiii|iii ! h;s lîi; no= qui suivent h des personnes do l'Intimité (le H. Thierry : tes perttruies, qui m'autoriseraient à les nommer au besoin, ont trouvé que ma rédaction opprimait Lien l'élal des derniers sentiments Je !'illu»liv liMorien. M. Buurquelut, son collaborateur, iniliê à ses plus secrètes pensées, a déjà Irai lu ee |»iiul Je t:i-]>iu^r;i[ili Lt> Je 11. Tlùerrj avec une parfaite eiacliludc. (Voir VAtluwtttm frtmfuii, ôl mai IBM.)

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rement, mais sans prétention dogmatique, ajournant les actes qui eussent supposé une foi trop absolue, et écartant par des précautions habiles les sollicitations importunes. Un jour qu'on lui faisait observer ce que certaines croyances avaient d'étroit ; « Ce ne sont pas des pensées larges qu'il me faut maintenant, répondit-il, ce sont des pensées étroites.» Le sentiment des convenances et celle merveilleuse entente qu'il avait de l'art de construire une belle vie ne l'abandonnèrent jamais; il les porta jusque dans la mort. Quand les dogmes lui étaient présentés d'une manière tranchée, il refusait d'entendre et ne voulait rien savoir qui contrariât le désir qu'il avait de croire. Sa théologie n'allait pas au delà. Il prenait et il laissait ; les moments de zèle étaient presque toujours suivis de retours; il restait ainsi suspendu entre le doute et la foi, à l'état de dispute curieuse et de bonne volonté.

De là une situation contradictoire, mais pleine do charme pour qui savait l'observer, où la candeur de sa belle àme, la (inesse de son esprit et sa naïveté d'enfant se montraient dans tout leur jour, L'objection lui souriait autant que la réponse, et, dans l'abandon de l'intimité, il se laissait aller à des concessions dont il eût été facile d'abuser. Parfois il s'y mêlait une line et douce ironie, que les personnes . d'un esprit étroit *t

s. aiigcstik TuiEnnv. 135 (logmntîqiic n'apercevaient pas. Le genre du politesse exquise qu'il avait pour les femmes, il l'avait pour le • |>r- li ■* M"i>i-.i> -- r>.'-ilin^.. ;|..pif.|'- 1 i|ii.-.|.iii .. et ses écrits, il dépassait quelquefois en convorsaliou l'exacte mesure île sa pensée. Il ne tenait il son opinion que quand il lui avait donné par le travail du style un caractère suprême du mesure etdcncltelé. Dans ses livres, il n'accordait rien à la complaisance. 11 avait entrepris, il est vrai, de corriger ses principaux écrits et d'en faire disparaître quelques inexactitudes, où la précipitation d'un premier travail l'avait entraîné. Parmi les mnomlinihles objections qui lui furent adressées, il en avait trouvé quelques-unes de justes, et il y faisait droit. Tel était d'ailleurs son amour pour le vrai, que la critique, mémo peu sérieuse, le trouvait docile et prêt à se réformer. Mais rien en tout cela ne ressemblait à un désaveu. Doué d'un merveilleux talent pour la retouche, il savait modifier ce qui avait paru attaquable dans un morceau, sans en changer la physionomie. La publication prochaine de l'édition revue de la Conquête prouvera, ce que j'avance ici; mais la connaissance anticipée que l'amitié de M. Thierry m'a permis de prendre d'une partie du texte corrigé m'autorise à aflintnT que l'esprit du livre paraitra le même, cl que les changements ne se révéleront qu'à ' une comparaison attentive des deux textes. Les légères

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