‹ Essais de morale et de critique (volume 2)Chapitre 16 sur 45 · M. DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

M. DE LAMENNAIS

< Hctmiphpiis visiter lus lions mi p'aecf.iri|dil vfilre rapide Joynge. ; chercher les souvenirs (le doidenr-- cl île juics qui on!

. passé si vile?

• Comme la ruinée qui sort de nos loi [s. île chaume ci se dissipe -tciiiilniii, ainsi vous vous èles éianouis.

■ Vos lombes verdissent ];i-I.ij.s, sou- le vieil* il" du cime litre Quand les souffles humides du Uiiirfmnl murmurent enlrc les liaules herbes, On dirait îles esprits qui jirmissenl. Époux de la jnort; esl-ce tous qui tressaille; sur voire couche mystique!

< Maintenant vous Étflsen pnii; plus de soucis, plus de larmes; maintenant Inisenl pour vous des astres plus beaux, un soleil plus radieux inonde de ses splendeurs des campagnes, des niera élhérées et des horizons infinis.

■i Oli ! parlez-moi des mystères de ce momie que mes désirs presscnfenl, au sein duquel mon ame, ialiç'uée îles ombres de lu terre, aspire à se p!eue<T. l'a rie/.- m ni de celui qui l'a fail et le rmiplil de lui-même, et seul pont remplir le ville immense qu'il

née de labeur finie, reeaLjuatil leur f.muv cabane:, prèlenml l'oreille à la voix qui dit : Souvenez-vous; des morts, b

Je n'ignore point les énormes objections auxquelles peuvent prêter, si on les examine comme des ouvrages de politique et de philosophie l'aliormelle, ]<;s écrits singuliers dans lesquels Lamennais <It'.'cii;n--ou, vers l'époque où nous sommes arrivés, la passion qui le dévorait , Ces écrits doivent être pris comme des poèmes pleins de souffle et de vie, non comme des théories élaborées avec critique et réflexion. Le genre parabolique qu'il

II. DE l.HHBHlUtS. HP nvait adopté exige une classiliealion tranchée des hommes en bons et en méchants, en victimes el en bourreaux, qui n'est pas l'ondée dans la réalité. Le problème de l'organisation humaine n'est pas si simple qu'il le suppose : les rois sont excusables de ne pas l'avoir résolu. Les aristocrates ne. sont pas tous des suppôts de Satan ; le plus souvent ils trouvent l'inégalité établie plnlùt qu'ils in; lu Ami. Une foule de maux nécessaires sonl représentés par Lamennais comme la faute de lel ou tel. (.'ela, je le répète, serait choquant au plus haut degré dans un ouvrage de science sociale. Le mal dans le monde est fondu avec le bien d'une manière si intime qu'il est impossible de les isoler l'un de l'autre, el que retrancher l'abus, te serait enlever du même coup les comblions delà société. 1!ais l'art a besoin d'un énergique parti pris : pour exciter la haine du mal et l'amour du bien, il crée des types absolus qu'on chercherait vainement d;uis le ipeclade du monde réel.

La démocratie extrême qu'embrassa Lamennais est

:-onsidtTée par plusieurs cui c une sorte de précipice

où, après avoir perdu la foi, el livré en quelque sorte aux furies, il se jeia de désespoir. Cette volte-face fut bien plus logique qu'on ne le suppose, et tenait profondément au tour de son esprit. Comme toutes les natures lîères et originales, Lamennais éprouvait le

caincs de 1852 et 1834 achevèrent de lui lïlcrlc sens. I.n lulle contre les émeutes amena- de ces violences auxquelles les meilleurs gouvernements ne peuvent se soustraire. C'est toujours un triste rûle que celui de la répression ; on n'y parait jamais à son avantage, et il y a quelque cIlosc d'injure y roprou-iitiJ - à un gouvernement comme des inhumanités les rigueurs auxquclles on l'a forcé. Ce qu'il y a de singulier, c'est que plus un gouvernement est honnête, moins on lui pardonne en ce sens : dut veniam corrh, vexât censura columbas. Lamennais, qui avait trouvé touL simple que la restauration se défendit contre le parti libéra! , ne pouvait pardonner au parti libéral de se défendre contre le parti ultra-révolutionnaire. Descendant kl vallée du Ithdnc au milieu de ces mouvements , il fut l'objet de précautions qui l'exiispérèri'iil et ne lui laissèrent voir portent que dus mares de sang. Là est le vrai moment de sa conversion. Le parti légitimité presque tout entier obéit au même sentiment, et telle est l'origine du iuou\einen[qui a rattaché à la cause démocratique certain nombre des membres distingués de ce parti.

Le changement de front par lequel Lamennais passa du catholicisme le plus exagéré à la démocratie la plus ardente n'a donc rien qui doive surprendre. Son imperturbable dialectique l'entraînait vers les thèses tranchées et absolues : le catholicisme ou la démocratie

iS'i S!. DE LAMENNAIS,

pouvaient seuls la satisfaire. I.e catholicisme lui ayant déclaré toute alliance entre ces deux causes impossible ; et l'ayant sommé de choisir, il ne demanda plus qu'à lu démocratie ce qui fut toujours son premier besoin, une thèse héroïque et grandiose pour laquelle il pM combal- , treel souffrir. Comme fous les esprits violents, le parti ' qu'il délestait était celui de la modération. Son besoin de s'indigner, le vif sentiment d'humanité et de justice

l'entraînaient également vers le parti républicain. Ses ; rêves de perfection le lepoiïnieulsiuis cesse vers les premiers temps du christianisme comme vers un idéal, et lui faisaient envisager la persécution comme le signe le : pins sûr de la vérité ; aussi voulait-il toujours être avec ceux qui souffrent. Enfin un fonds touchant de bonté et île compassion, qu'il avait toujours gardé sous sa robe de prêtre, et qui se révéla chez lui par des retours de vive tendresse, donnait à s" s veux un charme pénétrant à ce qu'il y a de pur et d'élevé dans les sentiments populaires. Le peuple reprisent an l les instincts du cœur humain dans toute leur spontanéité, l'homme de génie a pour lui nue naturelle sympathie, et s'en rapproche bien plus que des classes préoicupées de plaisirs vulgaires cl d'intérêts sans grandeur.

A la vue des excès où Lamennais se laissa entraîner

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