LES REVOLUTIONS D'ITALIE
sent et effectif, devient, dès qu'elle , a des gouvernements réels, molle, douce, sans ressort, lîlle s'ondorl, selon l'iieureuso expression de M. Ferrari, dans la paix du Seigneur. Elle n'a point voulu de la militaire humiliation d'un souverain héréditaire; elle eu aura vingt, et clmquu maison de 1 Europe se croira lu droit de tailler dans sou sein des principautés pour ses membres invalides. Rlle n'u pas voulu de la contrainte el de l'abnégation que suppose la formation d'une année nationale ; elle sera la proie d'une soldutesque avide qui s'abattra par nuées successives sur ses riches cités. Elle n'a rien voulu sacrifier de su vie locale, de ses franchises, de son insatiable activité ; elle perdra jusqu'au souvenir de ce qu'elle a été : son unique souci sera de composer des sonnets et des cita- Iule pour ses insipides académies, lille n'a pas voulu de la réforme religieuse qui eut détruit le principal leviorde son ascendant politique sur le monde, elle a préféré l'incrédulité matérialiste au protestantisme: elle portera le joug religieux le plus lourd qu'aucun pays, l'Espagne exceptée, ail porté; elle subira le supplice de celle cliappe de plomb que son poêle vit peser dans l'Enfer sur les hypocrites. Quand ou voit à Ituhigné, û Vérone, le soldat croate, avec su pesauie allure et sa lévoltaiile roidctir, régler les mouvements d une population spirituelle et charmante-, le cuau se
. Wi LES RÉVOLUTIONS D'ITALIE.
soulève, et on se prend de colère contrôla destinée qui fait expier si cl lè rement le don falal de la bcaulé. Mais, à la réflexion, cette gauche cl kide créature reprend son sens historique ; elle représente la revanche de l'Europe contre la domination universelle de l'Italie et ce lest que toute société reçoit forcément du dehors, quand elle ne le trouve pas au dedans. Cela est si vrai, que le seul pays de l'Italie qui ait de nos jours sa vie indépendante est lo seul aussi qui n'ait pas participé aux splcndides aventures de l'Italie. Le passé, sérieux et grave du Piémont est bien humble comparé aux glorieuses annales de (iénes, de Florence, de Milan; et voilà pourquoi le Piémont seul possède les conditions essentielles des Ltals modernes : une maison royale, une noblesse provinciale, une bourgeoisie, une armée.
Est-ce à dire que l'Italie soit à jamais condamnée à porter la peine de sa brillante et exceptionnelle destinée? Non ccrles ; dans mon opinion, une nouvelle éro a commencé pour l'Italie le jour, éloigné de nous d'un demi-siécle environ, où elle s'est comparée auxaulres nations et où elle a vu ce qui lui manqtiait. L'Italie du dix-septième et du dix-huitième siècle ne souffrait pas de son abaissement ; car le sentiment même de la vie avait chez elle disparu. Nul Italien alors n'avait honte de sa pairie et ne se sentait humilié. Nul ne disait avec Leopardi : «0 ma patrie! je vois les murs et tes