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d'ahnni le même événement comme point Av. départ de sa réforme sociale. Enfin, l'idée féconde i|ni devait fournir à M.Thierry la hase de son système historique, l'idée des nationalités, dont le dix-huitième siècle, uniquement occupé Je sa phdosephie générale, n'offre aucune trace, cl dont les conquêtes du commencement de ce siècle furent la négation, date du soulèvement que produisi reul les tendances unitaires de la Révolution et de l'Empire cliei les peuples rendus à la conscience d'eux-mêmes par le joug de l'étranger. ■ On a soutenu que la part active que prit M. Tltîcrrj aux luttes du temps de sa jeunesse nuisit aux qualités de l'historien, comme si la première qualité pour écrire l'histoire était une sorte d'impersonnalitû passive, reproduisant, sans les transformer ni les expliquer délicatement, les témoignages des chroniqueurs. C'est lui reprocher ce qui fut le principe même de son génie. Le sens étendu des choses humaines ne s'obtient que par l'intelligence du présent, et le présent ne livre son secret qu'en proportion de l'enjeu qu'on y prend. Tertcs, l'élude la plus patiente peut seule faire apercevoir le vrai, quand il s'agit des caraclères et des événements d'une époque éloignée de nous. Les bénédictins cl les auteurs des grandes collections du dixseptième et du dis-huitième siècle, en réunissant les documents originaux, ont posé la condition de l'histoire;
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mais ils ne l'ont pas faite. Ces laborieux diplomatistes, quiconnaissaienlsi bien les sourcesdenosanna les, n'ont point réformé un seul des faux points de vusdcl'lnstoire conventionnelle. Ilssonl bien plussenscs que les Mézcray et les Vclly, parce qu'ils n'essayent de rien voir au delà des textes qu'ils publient; mais s'ils se fussent proposé d'interpréter ces textes et d'en tirer les conséquences, ils l'eussent fait sans doule avec aussi peu de pénétration que les historiens rhéteurs de leur temps. Il fallait pour cela une pratique de la vie profane que ne donnent ni la vie monastique ni les paisibles investigations du paléographe. Un jeune homme do vingt ans, jeté dans un milieu passionné et doué de celte perspicacité que donne l'habitude des choses politiques, a pu relever du premier coup dans l'œuvre de ces grands mailres une foule de lacunes et de vues erronées. Les document sont muets pour qui ne sait pas les animer de celle lumineuse conscience du passé qui certes n'est point exclue par l'érudition, mais que l'érudition ne suppose pas de toute nécessité.
M. Thierry a, du reste, marqué avec une admirable précision la mesure de ce qu'il devait à ses savanls devanciers et la limite dans laquelle il se croyait novateur : « A Dieu ne plaise, dit-il, que j'atténue en quelque chose la gloire de la grande école d'érudils antérieure à la Révolution!.., Elle a recueilli cl mis au
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H. ADODSTIB THIERRY. HO jour [mit un monde de fails enfouis dans la poussière des archives; elle a fondé la chronologie, la géographie, la critique de l'histoire de France; mais en histoire il y a deux tilches distinctes... La recherche et la discussion des faits, sans autre dessein que .l'exactitude, ne sont qu'une des faces de tout problème historique; ce travail accompli, il s'agit d'interpréter el de peindre, de trouver la loi de succession qui enchaîne les fails l'un à l'autre, de donner aux événements leur signification, leur caractère, la vie enfin, qui ne doit jamais manquer au spectacle des choses humaines. Or, comme j'ai déjà eu l'occasion de le montrer, toutes les tentatives faites avant 1789, pour répondre à la première de ces lâches, ont élé bonnes et grandes ; mais celles qui ont eu pour objet de répondre à la seconde furent presque toutes mesquines et fausses... Il manquait aux bénédictins l'intelligence et le sentiment des grandes transformations sociales. Ils ont étudié curieusement les lois, les actes publics, les formules judiciaires, les contrats privés; ils ont discuté, classé, analysé les textes, fail dans les actes le partage du vrai et du faus avec une étonnante sagacité ; mais le sens politique de tout cela, mais ce qu'il y a de vivant pour l'imagination sous celle écriture morte, mais la vue de la société elle-même et de ses éléments divers, soit jeunes, soit vieux, soit bar-