TROISIÈME PARTIE
stitution civile, jusqu'à l'origine même des sociétés humaines, j'aurais trop de choses à expliquer sur les meurtres d'un âge primitif, sur les exils volontaires, sur les garanties de l'hospitalité et du droit d'asile, sur les expiations symboliques, sur les formules chantées qui précédèrent les lois écrites ; j'aurais donc à apprécier encore , dans les mythes, ce qui est relatif à ce sujet. Puisque je dois rechercher ailleurs, parmi les débris de l'antiquité, les traces d'une théorie des peines, antérieure à toute législation historique, je réserve pour ce moment le soin de compléter les considérations que je ne fais qu'indiquer ici. D'ail- ' leurs il ne faut point perdre de vue que, dans nos idées, société et expiation sont toujours identiques, et voilà pourquoi le fondateur d'une cité antique est partout un meurtrier : ce type est universel .
Je voulais seulement établir que la peine de mort, dans un temps, fut, en effet, un sacrifice, un acte religieux, et, osons le dire, puisque cela est ainsi, un auto-da-fé.
Suivons cette ligne d'idées, suivons-la, en quelque sorte, chronologiquement, toujours dans l'hypothèse secondaire où je viens de me placer, pour ne pas quitter M. de Maistre.
Le.s sacrifices humains et l'antropophagie.
Les sacrifices d'animaux et le régime Carnivore.
Le blé a été le don de la prévoyance, et de plus la modification du régime Carnivore.
La modification du régime Carnivore pur a été un pas vers l'abolition de l'antropophagie.
Le régime herbivore pur n'a jamais existé pour l'homme, tel qu'il est aujourd'hui : c'est une erreur de croire que le monde actuel ait commencé par là. Nous avons déjà parlé des fables de l'âge d'or.
C'est une erreur encore de croire que les sacrifices sanglants ne sont venus qu'après les sacrifices non sanglants. D'après Macrobe , ce fut Hercule qui abolit, en Italie, les sacrifices humains. Les peuples de la péninsule italique auraient donc aussi commencé par l'antropophagie, car ce genre de sacrifice en serait toujours la preuve.
Je n'écris point une théosophie : sans cela, j'aurais à parler du sacrifice d'Abel et de celui de Caïn, comparés ensemble; j'aurais à parler du sacrifice chrétien.
Je reste dans les considérations les plus générales, sans porter un œil téméraire sur nos propres traditions, sur nos dogmes: ce n'est p?is ici le lieu.
M. de Cesare s'est trompé sur l'origine du sacrifice, ou sur les idées qui y ont conduit. C'est M. de Maistre qui a raison. Le sacrifice, très certainement, repose sur la pensée de l'expiation, et non sur celle de présenter aux Dieux une