‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 104 sur 122 · YOL. I · texte numérisé non relu

YOL. I

plus souvent, il faut le dire, le coupable; plus souvent encore le vaincu, quelquefois aussi le malheureux comme spécialement marqué du sceau du malheur, car sacré a voulu dire, dans ces mêmes langues, fatal, dévoué au malheur, prédestiné au mal. Des Dieux cruels voulurent qu'on leur immolât des naufragés ; dans des grandes calamités, ils voulurent être apaisés par des hécatombes humaines. Un certain nombre de victimes étaient réclamées par le ciel irrité; on prenait d'abord des coupables, puis des innocents pour completter le nombre exigé. Des guerres même défensives commencèrent par cette odieuse supplication. Des traités de paix furent cimentés par le sang. Mais je né sais plus m arrêter.

M. de Maistre menace des plus grands malheurs, d'une dissolution complète la société qui abolira les supplices. Je ne sais s'il est permis de regretter l'atrocité de la législation criminelle, que Louis XVI, le premier, avait commencé à détruire. Les malheurs et les crimes de la révolution seraient-ils, par hasard, une punition de cette haute imprudence de Louis XVI? La société, pour employer une expression remarquable par son étrange énergie, par sa barbare originalité, et que l'apôtre du passé pouvait seul trouver, la société serait-elle devenue insolvable à l'égard de la justice divine? Voilà, il faut l'avouer, une sin-

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