TROISIÈME PARTIE
soumis à l'expiation , à l'épreuve ; tenu de se faire lui-même. Les justes de l'ancienne loi attendant lejourdela rédemption. Le sein d'Abraham, expression métaphorique de l'état préparatoire où ces justes, dont la vie mortelle fut tout entière un acte d'espérance, étaient placés pour voir luire l'aurore du nouveau jour qu'ils avaient attendu. Le. dogme d'un Réparateur de la nature humaine, empreint dans toutes les traditions générales. L'évolution plébéienne, fait universel que j'ai signalé dans l'histoire de tous les peuples, et sur lequel repose, à mon avis, l'initiation successive du genre humain. Il ne peut plus y avoir de créature humaine exclue des facultés humaines, en dehors des mœurs sociales.
La résurrection de la chair, expression vive de l'identité de l'homme, dans l'autre vie. L'être, au moment où commence sa vie organique, serait-il une image de l'être au moment qui suit la mort?
Le monde, le spectacle de la nature, matériaux de nos idées. La société, les choses de la société, matériaux de nos pensées et de nos sentiments.
La société développe l'homme. L'homme perfectionne la société. Les perfectionnements de la société font ensuite les perfectionnements de l'homme. Chaîne non interrompue de causes primitives, produisant des effets, qui, à leur tour, deviennent causes.
L'homme ne veut pas , il consent. Toute la morale évangélique, en ce sens, conforme à la morale stoïcienne, qui, pour cet objet seulement, lui servit de précurseur; toute la morale évangélique repose sur l'acquiescement de l'homme, et non sur sa volonté propre.
Ceci paraît en contradiction avec ce que j'ai exprimé plus haut sur la puissance de la volonté de l'homme , mais cette contradiction n'est qu'apparente. La loi évangélique est toute la loi morale, mais n'est pas toute la loi de l'être. Cette loi morale est en dehors de toutes les institutions politiques: elle admet toutes les formes, et ne s'occupe que de l'individu , dans ses rapports de dépendance avec Dieu et ses semblables. Ne perdons jamais de vue la pensée qui réside au fond de tout cet écrit, et à laquelle toutes les autres pensées sont toujours subordonnées, à savoir la pensée de l'homme universel, de l'homme général, et la pensée de cet homme divisé en individus distincts entre eux. C'est ainsi qu'on peut expliquer ce que j'ai dit plus haut, et le concilier avec ce que je dis ici. Ce que j'appelle l'homme général , c'est-à-dire l'homme pris dans l'ensemble des générations issues de la substance primitive, je pourrais le nommer aussi , dans un sens, l'homme cosmogonique.
L'intelligence et le sentiment moral se sont per-