‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 118 sur 122 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

fectionnés successivement. L'imagination a reçu un accroissement bien plus rapide et plus prompt, puisqu'elle est, de suite, parvenue à ses dernières limites.

L'homme arrive dans l'autre vie avec les perfectionnements qu'il a obtenus dans celle-ci. L'homme arrive tel qu'il s'est fait par les moyens que Dieu lui a donnés.

La philosophie des sensations a épuisé toutes ses conséquences ; elle s'est brisée contre le matérialisme.

La philosophie idéaliste a aussi épuisé ses conséquences; elle s'est perdue dans la négation des réalités; comme les Indiens, elle a fait de l'illusion une puissance cosmogonique; et, chose triste à penser, elle a dû ne rencontrer que le doute, non le doute qui demande l'examen, qui implore l'expérience, mais le doute dogmatique, le doute rationnel, reposant sur une sorte d'impossibilité d'arriver à la certitude. Cela tient à ce que nous exigeons, pour la certitude, des conditions que nos facultés actuelles ne comportent pas.

Une partie de la philosophie ancienne nous est inconnue, c'est celle qui, sortant à peine de la poésie , en avait encore conservé le langage.

La philosophie pythagoricienne est fille d'une poésie antérieure, que nous sommes obligés de reconstruire par les mythes.

26o PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

La partie delà philosophie, qu'on a appelée la dialectique, est évidemment le produit nécessaire et obligé du langage. La dialectique est donc la méthode même d'une langue, et cette méthode se modifie selon les esprits.

L'homme s'est. toujours trouvé dans un milieu social. Par conséquent, toutes ses connaissances reposent sur des traditions, ou sur des enseignements contemporains.

Il a l'intelligence pour comprendre, et le sentiment moral pour choisir.

L'homme se perfectionne au moyen du milieu social où il se trouve placé.

Les animaux ont l'instinct, c'est-à-dire la raison de Dieu. L'homme a sa raison propre, sa raison individuelle qui se développe aux conditions même de son existence.

Le sort des hommes dépend les uns des autres; ils sont solidaires entre eux. Chacun est soumis au destin formé par tous, mais chacun a fourni une force quelconque au destin qui l'opprime, et toujours., encore une fois, sous la condition de la liberté, de la liberté pour tous, de la liberté pour chacun. Il faut avoir présentée que j'ai dit, à ce sujet, si souvent.

L'intelligence, dans l'homme, se perfectionne avant les sens. L'homme est obligé de faire luimême l'éducation de ses sens. Les tableaux qui

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