‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 121 sur 122 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

identiques : l'un est l'expression de l'autre, comme l'un des dogmes fut l'emblème de l'autre. Mais pour que ces deux sentiments identiques puissent gouverner sans contestation, il faut que l'homme religieux et l'homme social méritent également de s'élever à un grade de plus daijs l'initiation générale; car, ainsi que nous l'avons remarqué, un progrès, pour le genre humain, est toujours le prix d'un effort, la récompense d'une épreuve.

Ne laissons pas toutefois passer, sans le noter, un exemple terrible de l'abus que l'on peut faire d'une arme trop redoutable par elle-même. Les hommes ont prodigué la peine de mort, et ils ne se sont pas contentés d'infliger ce funeste châtiment: ils ont aussi infligé, quelquefois de leur propre autorité, celui des peines éternelles. L'anathème, chez les anciens, est allé* jusque-là. Sous la loi chrétienne, la peine de la damnation a, -trop souvent, été prononcée formellement, comme un tribunal aurait prononcé une autre sentence. Dieu, sans doute, aura pris pitié, je ne dis pas de ceux qui étaient condamnés, mais des juges téméraires qui prononçaient de tels arrêts.

Ajoutons une chose. Dieu n'a pas besoin de se défendre. La société en ajbesoin; c'est un devoir qui lui est imposé par la loi générale de conservation imposée à tous les êtres. Mais une mission, qui n'est point nouvelle, vient de lui être con-

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firmée; il faut qu elle s'applique à civiliser ceux de ses propres enfants qui ont jusqu'à présent échappé à la civilisation.

Il me reste à dire que, peut-être prématuré^ ment publié, par moi, en 1818 , FEssai sur les Institutions sociales me dispense aujourd'hui de développer davantage quelques unes de mes idées. Je ne voulais insister ici que sur la pensée des épreuves successives, qui sont une partie si considérable des destinées humaines ici-bas, et au-delà.

L'homme, destiné à tenir un si haut rang parmi les intelligences, pouvait-il espérer qu'il y parviendrait sans le mériter? Dieu a trop aimé l'homme pour lui tout donner gratuitement- La souveraineté de la terre est au prix d'un genre de travail; le gage des espérances immortelles est au prix d'une -autre sorte de travail. Avant donc de s'expliquer sur la sévérité des lois de la puissance créatrice à l'égard de l'homme^ il faut tenir compte de la loi générale , perpétuelle , miséricordieuse de l'initiation.

Qu'on me permette de finir par où j'ai commencé.

Nous nous plaignons de ce que les plans de la Providence ne nous sont pas dévoilés. Et d'abord , pour savoir, il faudrait que nous fussions d'autres intelligences, que nous ne fussions pas destinés à nous faire nous-mêmes. Ensuite, si nous savions,

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