DEUXIÈME PARTIE
Homère passe généralement pour avoir fait une Thébaïde: le temps nous a envié ce poëme, qui devait être le premier de la plus merveilleuse trilogie, et que Stace est loin d'avoir remplacé. L'Antigone ne se lie en aucune manière à la pensée de ressusciter la Thébaïde perdue; j'avais cédé à une autre inspiration. Voilà pourquoi le Tirésias de cette première composition est resté fort au-dessous de son rôle d'Hiérophante, de fondateur, de législateur religieux, rôle qui aurait pu lui appartenir à aussi juste titre qu'à Orphée, rôle qu'Homère lui avait sans doute conservé, et que les tragiques grecs n'ont pas craint d'altérer. On retrouvera ici une partie du véritable Tirésias, le scrutateur du mystère et de l'inconnu.
Le vieillard Nautès, que Virgile fait paraître un instant, est un personnage initiateur, tout semblable à notice Thamyris; c'est le prophète de la fable virgilienne, comme Enée en est le pontife.* Il paraîtrait que Nautès fut, chez les Romains, le fondateur d'un collège de prêtres. Mais toujours un fondateur trouve quelque chose d'établi ; toujours il trouve un dieu Terme, qu'il n'est pas en sa puissance de déplacer -, et c*est toujours là-dessus qu'il est tenu d'élever son édifice : cette nécessité est le grand obstacle pour assigner un commencement à une institution quelconque.
Voyez aussi le. désespoir des archéologues, lors-'