‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 29 sur 122 · VOL · texte numérisé non relu

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qu'ils croient pouvoir convertir la poésie en histoire, lorsque, par exemple, ils cherchent à expliquer le conseil des Amphictyons et l'Oracle de Delphes.

Il est évident que Virgile a voulu consacrer, par la poésie, les origines romaines; mais il a trouvé d'autres origines antérieures. Il dut être arrêté surtout par l'antiquité des traditions de l'Étrurie, traditions dont l'esprit était peut-être mal connu de SQn temps, qui fut celui où la philosophie épicurienne et incrédule commençait ses ravages ; et n'oublions pas qu'il avait à-la-fois pour secours et pour obstacle les ouvrages du prince des archéologues, de Varron, le plus savant des Romains. Les poètes qui ont eu à consacrer les origines grecques n'ont pas éprouvé le même embarras , car ils ne songeaient point à arranger un plan , à " faire un livre, à concilier des traditions entre elles. Ils disaient à la Muse de chanter. Le temps de ces traditions arrangée, qui même quelquefois mériteraient plutôt le nom de pseudo-traditions, a commencé sur-tout aux poètes Alexandrins. Virgile, sous ce rapport, peut être dit notre contemporain ; il choisit dans les faits et les traditions , il les ordonne dans sa pensée ; enfin, il dispose, il exécute un travail, très beau, il est vrai, mais c'est une production de l'art* Il nous reste une preuve des difficultés que rençoatra ce grand poëte pour la construction d'une fable, qui ne s'offrajt pas à

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