‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 37 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. gS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. gS

La foi est, si l'on peut parler ainsi, une assimilation de la volonté divine dans une volonté humaine; elle est forte par elle-même; elle est forte aussi, en ce qu'un homme qui a la foi a toujours une armée derrière lui.

Nous parlerons peut-être, plus loin, de quelques individus qui sont, ou qui se rendent les représentants, l'expression vivante d'un système d'idées, d'un principe, d'une opinion, d'une croyance. Cette rare faculté d'assimilation, c'est une idée identifiée dans un individu humain, devenue, en quelque manière, son moi : certainement il y en a de plusieurs sortes.

Prométhée, et ce personnage allégorique doit s'offrir souvent à nous, Prométhée, c'est la volonté humaine luttant à4a-fois contre la Providence et contre le Destin; s'il n'eût lutté que contre le Destin, il n'aurait point été puni, car c'est précisément là un des actes exigés de l'homme. Prométhée, c'est aussi, comme nous le disions tout-à-l'heure , l'homme se faisant lui-même. Epiméthée représente une cosmogonie antérieure à l'homme; Prométhée représente une cosmogonie postérieure : ce double mythe méritera, plus tard, toute notre attention.

Nous ne saurions trop l'établir comme un des points de la religion du genre humain; une créature intelligente, par sa nature de créature intelli-

gente^ est une puissance libre et indépendante, une puissance dans l'ordre général.

Dieu qui a fait l'homme, a su, ainsi que nous le disions encore, qu'il faisait une volonté libre et indépendante. Il en est de même des autres intelligences, qui peut-être sont dans les autres mondes. L'homme fait la terre et son horizon. Les autres font les autres mondes et leur horizon. Puis peut-être créent-elles hors du monde où elles sont. Il est en nous des choses qui nous conduisent à concevoir une telle prérogative, ce qui prouve beaucoup. Le philosophe qui demandait de la matière et du mouvement pour faire un monde, connaissait le pouvoir de l'intelligence. Mesurer la terre et la profondeur des eaux, parvenir à connaître quelques unes des lois de l'univers, c'est une sorte d'association avec le créateur lui-même : cette divine ressemblance de l'homme, racontée par la Genèse , n'est donc pas une expression vaine et ampha tique de l'Orient.

Ainsi deux Destins, l'un produit par Dieu , l'autre par l'homme. La conséquence inévitable de principes une fois adoptés et la force des choses formeront toujours un Destin. Ainsi donc l'homme ferait un destin par sa liberté , et ce destin serait prévu de Dieu. Ainsi encore, Dieu achèverait ses plans, par le libre arbitre de l'homme, dans la sphère où l'homme a reçu le pouvoir d'agir.

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