DEUXIÈME PARTIE
peut les employer toutes ; elles ne sont pas perdues pour cela, puisqu'elles sont. La seule limite du temps est un obstacle pour l'emploi de toutes les facultés d'un homme qui en a beaucoup. La limite de ses organes est un autre obstacle invincible. Les facultés non employées se développent solitairement; elles ne s'anéantissent point, elles survivent aussi bien que la pensée qui n'a pu être réalisée dans le temps. Le temps est étranger à la pensée; il n'en est point une condition nécessaire. Nous arriverons dans la vie suivante, avec nos richesses et nos pauvretés. Nous serons ce que nous nous serons faits. Nous aurons choisi notre nouveau point de départ. Peu à peu les limites qui nous sont opposées, contre lesquelles nous sommes tenus de lutter, s'éloigneront, et finiront par disparaître.
Raisonnons encore par analogie.
Changez la stature de l'homme, il faudrait changer les lois par lesquelles l'homme gouverne la nature, par lesquelles il la modifie à son usage, par lesquelles il en dompte les résistances. Qui sait, par exemple, les rapports qu'il y a entre les lois du levier et le pouvoir physique actuel de l'homme?
Nous sentons, en toutes choses, des limites, et ces limites sont incontestablement dues à de certaines proportions entre les facultés de l'homme
loo PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
et les objets sur lesquels il exerce ses sens. Ces proportions ont une haute raison dans la sagesse suprême dont nous ignorons le but et les moyens.
Voyez la voûte du ciel et l'immensité des mers : tout est restreint par la ligne du rayon visuel; le fini est toujours près de nous. Mais notre intelligence va bien au-delà; elle nous enseigne à faire l'éducation de nos sens, et à en rectifier continuellement le témoignage.
Hercule posant les limites de la terre habitée, c'est l'homme dans la proportion de ses organes avec la planèt€i,qui est son domaine, qui est livrée ses travaux et à ses investigations, et qu'il peut parcourir en entier, durant sa vie mortelle.
E'homme, au sortir de cette vie et de cette planète, sera pourvu de facultés plus étendues, se trouvera placé dans un autre milieu, et verra changer les proportions de ses nouveaux organes avec les objets nouveaux qui se manifesteront à lui , qui seront l'occasion de ses pensées.
Il y a peut-être, dans ce monde, des esprits qui ont déjà, si l'on peut parler ainsi, un pied dans le^ monde futur. Cela ferait comprendre l'ascensioii ^!!!|5i progressive des êtres intelligents, d'une sphère dans une sphère plus élevée.
Les hommes, en passant d'une vie à l'autre, conservent leur individualité.
Les peuples et les races, parmi tous les chan-
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