‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 41 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. loi · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. loi

gemeiits auxquels ils sont soumis, conservent aussi leur individualité; enfin le genre humain luimême conserve son immense individualité.

Chaque être intelligent estjdestiné à s'élever graduellement; le terme de cette ascension pro- . gressive nous est inconnu. Si nous savions ce qu'est l'essence humaine, nous connaîtrions ce terane; ce qui, au reste, impliquerait contradiction, car nous serions autres, ou plutôt nous serions à présent ce que nous devons être un JQur.

Lliomme, dès cette vie, est un être palingénésique. Il n'est jamais complet et fixe. Fétus, enfaut, jeune homme, homme mûr, et vieillard, i|^^' est toujours coulant et divers, comme "disent les philosophes. C'est l'homme universel qui est, qui porte en lui la ressemblance du créateur.

Le monde est une création palingénésique et continue, dans tous les degrés de l'organisation. J\ous avons vu que l'homme était une image de cette création palingénésique; mais, ajoutons ici ju'il est tenu d'y coopérer par ses propres efforts, |pir des actes libres de sa volonté.

Il y a des hommes, et en plus grand nombre qu'on ne croit, qui n'ont pas le sentiment de l'immortalité : il est certain qu'on ne peut être immortel qu'avec ce sentiment, c'est-à-dire avec la foi. Les hommes donc qui en sont privés, ceux en qui l'intuition et l'autorité générale du genre hu-

main n'auront pas suffi, ou, pour parler plus exactement, ceux qui, pour fonder en eux une croyance assurée, exigent des conditions au-dessus de nos facultés actuelles, ne peuvent man- . quer de parvenir un jour au sentiment de Timmortalité , attribut nécessaire de l'être intelligent qui ne doit pas finir. Peut-être ceux-là ne sont-ils dans ce monde que pour éprouver la foi des autres; et, plus tard, eux-mêmes auront la foi.

La chrysalide, qui fut une chenille rampante, devient l'éclatant papillon qui se joue avec tant de grâce dans le vague des airs , qui se repose à peine 3ur le calice embaumé des fleurs; et cette métamorphose si merveilleuse, mais toute organique, s'opère en elle, sans qu'elle ait besoin d'y concourir. Il n'en est point ainsi de la chrysalide humaine : il faut qu'elle se donne à elle-même les ailes brillantes sur lesquelles elle doit s'élever de région en région, jusqu'au séjour de l'immutabilité et de la gloire éternelle.

Il me resterait encore beaucoup de choses à expliquer, ou plutôt à faire pressentir, relativement à la direction des affaires humaines, dont nous parlions tout-à-l'heure, et manifestant al* ternativement ou simultanément la volonté conditionnelle, contingente, secondaire de l'homme, et la volonté inconditionnelle, nécessaire, suprême de Dieu ; mais alors je sortirais des bornes*

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