‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 46 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. ii · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ii

vraie des traditions antiques les plus géDéralgs.

J'aurais besoin d'établir ici plusieurs points iff portants , pour j^ustifîer d'avance mes Tues sur l'origine et les progrès du monde civil ^ je préfère toutefois m'en abstenir, parceque je courrai^ le risque, quant à présent, de ne pouvoir être encore suffisamment compris. Mes notes, plus tard , rempliront cet objet; j'y pourrai plus facilement, et avec plus de confiance, divulguer des idées, signaler des analogies, pour lesquelles alors on sera préparé.

Arrivé là , après tant d'excursions aventureuses, il me sera permis peut-être de montrer tous les faits providentiels généraux partagés en faits cosmogoniques, faits héroïques, faits humains, et formant, par leur succession régulière, une chronologie universelle i de prouver, par d'irrécusables déductions , par d'éclatants témoignages, que l'histoire du genre humain tout entier, comme l'histoire d'un peuple, contient les mêmes genres de faits, toujours ramenés dans le même ordre.

J'indiquerai trois âges de Titans, trois âges de Cyclopes, trois âges d'hommes; et ces différents âges, tous correspondants les uns aux autres, tous analogues entre eux.

J'expliquerai, par des faits historiques, ceux qui sont au-delà de l'histoire , ceux qui furent présentés sous une forme théogonique, tels que les

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règnes successifs d'Uranus, de Saturne, de Ju»pîter.

Je parviendrai enfin à faire comprendre le plébéiaiiisme, qui est l'humanité se faisant elldmême ; on saura qu ainsi le plébéianisme est la véritable tige de l'humanité ; et cette dernière conséquence de tout ce que je dois présenter ne peut être qu'un résultat graduellement préparé. Une loi de la Providence divine à l'égard des sociétés humaines sera donc manifestée.

Je dirai aussi, toujours par la force des déductions, ce qu'est, dans une telle hypothèse, le règne de Bacchus, qui devait succéder à celui de Jupiter, régne toujours vainement annoncé, de siècle en siècle , parmi les nations de la gentilité : l'églogue de Virgile où Silène représente un personnagecosmogonique,n'estpas le seul témoignage de cette antique tradition. Bacchus devant détrôner un jour Jupiter, sera , pour nous , le plébéianisme devant détrôner un patriciat qui ne renaîtra plus. C'est donc la pleine émancipation de l'homme, toujours attendue, et jamais arrivée, parceque cette promesse, si long-temps égarée dans le monde, n'avait été conservée dans sa pureté primitive que chez un peuple, et ce peuple, prophète par toutes ses annales, était le dépositaire ignoré des destinées futures du genre humain.

Je ferai sortir nettement de toutes ces choses le

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