‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 59 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. i4i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. i4i

indiennes serait indispensable, si ce n'est pour nous fournir des doctrines certaines, du moins pour bien poser le problème primitif. On peut dire seulement que l'idée de Dieu serait incomplète, si l'on n'y joignait pas la spontanéité de la création, et la création exnthilo.

Toutes ces questions, au reste, fussent-elles insolubles , ne sont pas soustraites aux curiosités de l'esprit humain. Elles sont bonnes à agiter, uniquement parcequ'elles ont été agitées. Elles sont de notre domaine, puisque Dieu nous a donné la faculté de les examiner. Elles exercent notre inteUigence sur des sujets dignes d'elle. Je vais plus loin, je crois que les traditions générales du genre humain nous y invitent, et qu'il s'agit seulement de savoir les interroger. La témérité ne consiste donc pas à en faire la recherche, mais à vouloir la faire hors de ces traditions. Par exemple, il en est une qui apparaît de tous côtés, à savoir la chute de anges rebelles ; et ce fut cet événement qui, selon cette même tradition , donna lieu à la création d'une intelligence nouvelle, d'une substance spirituelle de plus: de là l'intelligence humaine, la substance humaine. L'homme a été soumis à la loi du progrès ; et il serait peut-être possible d'inférer de quelques passages des Pères de l'Église, que des êtres supérieurs à l'homme ont également été soumis à la loi du progrès.

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Toutes les cosmogonies commencent:, ainsi que nous lavons dit plus haut, par des révolutions opérées dans les royaumes des intelligences. Si les premiers chapitres de notre Genèse nous man*» quent à cet égard, ils sont suppléés, en cela, par plusieurs de nos autres livres sacrés.

Je veux faire une seule remarque, au sujet des traditions générales du genre humain , c'est qu elles sont primitives, c'est que, par conséquent, elles ont précédé les questions émues par notre curiosité: cette remarque mérite tout notre respect, toute notre attention. Une autre remarque non moins importante, c'est qu'examinées avec soin, et sur-tout avec foi, elles sont toujours unanimes, cest>*à-dire identiques.

. Pourquoi tout, dans la nature, est-il partagé -en deux sexes? Les abeilles merveilleuses, di$ait 'Virgile, sont filles du ciel, et ne sont point sou*mises à la loi des sexes : il se trompait. Les an^ ciens avaient voulu un emblème de la virginité, parceque la virginité a toujours été en singulier honneur parmi les hommes.

S'il est permis d'entrevoir quelque chose, dans de tels mystères, c'est que la puissance de deux principes, l'un actif et l'autre passif, devait se reproduire dans toutes les échelles de l'organisation.

La loi des sexes est donc une loi cosmogonique

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