‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 60 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

dont l'homme est la plus haute manifestation, qui, à cause de lui, enveloppe tous les autres êtres, et qui ne s'arrête même pas aux dernières limites de la vie végétale.

En un mot, toutes les lois générales d'existence et de perpétuité, sur cette terre, sont faites pour rhomme, se rapportent à lui.

Je parle ici comme la Genèse , c'est-à-dire que , pour moi , la création , c'est le monde de l'homme. Allons plus avant.

Le mal corporise, le bien spiritualise : les nécessités physiques, qui nous serrent de toutes parts sans nous absorber, nous représentent assez bien, en effet, l'origine et l'essence du mal.

L'homme peut perfectionner son corps, et arriver à le spiritualiser , s'il est permis de parler ainsi; ii passera, dès cette vie, de la sphère des substances à celle des essences. Il ne s'agit pas de l'homme actuel. Cet état futur a été annoncé par analogie avec certains modes accidentels de nos perceptions; mais il ne nous appartient* pas de nous en occuper ici.

Lorsque nous nous servons d'un instrument, c'est que cet instrument est propre à l'usage que nous en faisons. Lorsque cet instrument se dété^ riore^ et qu'il n'a plus les qualités requises, ou il nous refuse son- service, ou nous le quittons pour en prendre un autre. L'ame aussi se sert des or-

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ganes du corps, tant que ces organes sont propres à l'usage que nous devons en faire. Lorsque ces organes n'ont plus les qualités nécessaires, Famé se retire. Nous ne savons pas comment elle se produit dans ce nouvel état, parceque nous ne pouvons nous rendre compte que de sa manifestation actuelle. Nous voici arrivés sur les confins de ces doctrines retrouvées dans Macrobe, dans Jamblique, et reproduites à toutes les époques de crise de l'esprit humain ; nous ne devons pas y pénétrer plus avant.

Dès que l'homme aurait acquis sur la terre le développement qu'il peut y acquérir, dès que toutes les réalisations, vues dans la prescience de Dieu, seraient accomplies, alors le monde serait sans objet, il s'éteindrait. Comment concilier, me dira-t-on , cette hypothèse avec les terreup^apocalyptiques qui reposent dans toutes les . traditions du genre humain? Ce ne serait pas difficile, si ces traditions étaient bien étudiées. N'oublions jamais que l'homme fait le destin de la terre. ,Les peintures apocalyptiques sont donc des menaces , et non des prophéties ; et les prophéties elles-mêmes ne sont vraies qu'à la condition de la liberté de l'homme. Ailleurs, nous aurons occasion de nous arrêter sur ce sujet. Continuons.

Dieu n'a pas pu faire, et je demande pardon d'employer une locution qui ,^ à cause de l'imper-

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