‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 6 sur 122 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

se purifier de sa naissance, et que sa vie tout entière est une épreuve j ou plutôt , c'est ce qui fait que sa vie mortelle est une épreuve. Nous trouverons par la suite d'autres explications de ce dofjme. primitif; mais ici nous devons le prendre dans * toute sa sévère nudité.

Et cependant, il faut bien le dire dès à présent, l'essence humaine, en soi, ne peut être avilie; lasphère d'activité où elle agit maintenant avec de si pénibles entraves est la prophétie de la sphère d'activité où elle doit agir un jour avec gloire et liberté. Seulement l'homme est tenu de conquérir d'abord sa dignité, ensuite la gloire de ses grandes destinées. Nous trouverons cette loi écrite dans le tableau du plébéianisme primitif, tel que je compte le foire sortir de mes recherches sur les antiquités du monde civil , et sur-tout de mes études sur cette partie si long-temps voilée de l'histoire romaine.

Les deux points de vue sous lesquels on peut \ considérer les choses humaines sont donc, en dernier résultat , le Destin et la Providence.

De là deux sortes de poésie ; elles sont exprimées toutes les deux dans le poëme antique \ de Job , tableau admirable et immortel de notre haute et de notre misérable condition.

De là deux sortes de philosophes politiques; ceux qui s'attachent au feit divin, et ceux qui ne

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s attachent qu au fait humain; ceux qui se bornent à signaler le fait positif et, pour ainsi dire, matériel, et ceux qui recherchent le fait métaphysique et moral, ou, en d'autres termes, le fait religieux.

De là encore deux ordres de jurisconsultes, ceux qui font reposer le juste et le droit sur des idées de convention , sur des idées acquises ou imposées, et ceux qui les font reposer sur des idées primitives et inconditionnelles. Selon les uns, le droit, c'est le juste; selon les autres, c'est là force sous des noms divers. Les jurisconsultes positifs n'ont pas fait attention que la souveraineté de l'homme ramène le Destin en écartant la Providence, et qu'alors la loi est dépouillée du caractère qui fait sa légitimité. Dieu n'a pu vouloir se laisser exiler de son ouvrage.

Voici une autre sorte d'impiété qu'il est à propos de signaler ici, et de flétrir en l'énonçant: il semble, disent quelques uns, que tout soit combiné pour produire je ne sais quel résultat, ou même je ne sais quel spectacle, pour manifester à elle-même la puissance infinie de je ne sais quelle cause suprême, de je ne sais quelle immense unité que l'on pourrait appeler le moi de l'univers. Dieu, despote afbsolu; toutes les créatures vivant, se perpétuant, travaillant à vivre; l'homme, comme les autres créatures, machine et instru-

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