‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 7 sur 122 · PREMIÈRE partie; 3i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE partie; 3i

ment, pièce du mécanisme général; sa vie, phénomène brillant et fugitif, partie d'un plan inconnu , mais partie passive et sans importance en soi. Il est évident quici on donne au Destin le nom de Dieu. Cela ne pourrait être vrai qu autant qu'il n y aurait point de créature intelligente et morale, et alors nul ne connaîtrait une telle vérité, et Dieu aurait pu demeurer dans son repos.

Heureusement il n'en est point ainsi. Dieu doit à l'homme, car il lui a promis; le Créateur a promis à sa créature, par les facultés qui sont en elle, et qu'il y a mises originairement; le Créateur a ' promis à sa créature, par les sentiments qu'elle re-^ \ çoit ou qu'elle inspire, par la nature même de son : être. Ce que l'homme espère, uniquement parce^ \ qu'il l'espère; ce qu'il attend, uniquement parce^ ■ qu'il l'attend. Dieu le doit à l'homme.

La foi est un lien entre Dieu et l'homme.

Lord Byron n'a pris, pour le développer, qu'une partie du poëmë de Job; je le prends tout entier.

Lord Byron ne croit qu'au Destin, et je cçois à / la Providence. C'est là, ainsi que nous venons de Je dire, le fond des pensées et des doctrines des deux écoles opposées qui , sous mille formes va-? nées, marchent parallèlement dans le monde depuis le commencement. Il y a constamment de& philosophes et des poètes qui prennent leur inspi-*

ration dans ces deux vastes systèmes, dans ces deux grandes hypothèses. Seulement la manifestation est plus sensible à de certaines époques.

On peut comparer lord Byron à Lucrèce. Tous les deux grands poètes, chacun de leur siècle, et les deux siècles analogues. Tous les deux nés au milieu des sophistes qui ont succédé aux philosophes. L'un attaquant la religion générale, l'autre attaquant la religion universelle; tous les deux effrayés des destinées humaines, privés de toute foi et de toute confiance. Les traditions chrétiennes sont un élément de plus dans le champ de la poésie, et cet élément de plus élève prodigieusement lord Byron , car l'attaque doit être proportionnée à la chose attaquée, car la plainte doit être égale à la majesté du malheur.

Je dois justifier à-la-fois la race humaine et la Providence.

Un moyen de justifier la Providence cest de réhausser la destinée humaine.

Sans liberté point d'imputabilité.

Je m'explique, et toujours dans le sens des traditions antiques.

L'homme, c'est-à-dire l'intelligence, l'essence humaine, a été tiré du domaine de l'éternité pour passer dans le domaine du temps. La pensée alors est devenue successive. C'est ainsi que l'homme est devenu perfectible, c'est-à-dire sus-

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