‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 8 sur 122 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ceptiblede s'avancer jusqu'à ce qu'il soit arrivé au degré relatif de perfection qui lui est propre. Nulle créature humaine n'échappe à cette loi. Tous tendent au même but, et tous doivent finir par y atteindre. Les hommes en avant de leur siècle, ou au-dessus des autres hommes, soit par l'intelligence, soit par le sentiment moral, sont des hommes qui, sans doute, ont mérité d'être dispensés d'un grade dans la grande initiation; ceux qui sont en arrière et au-dessous des autres seraient alors soumis à une épreuve de plus.

L'homme individuel et l'homme collectif suivent des progrès analogues.

Je dis l'homme individuel et l'homme collectif, afin de faciliter l'explication de mes idées; mais il est bien entendu que l'un n'est point séparé de l'autre, que l'homme n'est progressif que par l'état social, ou plutôt qu'il n'est homme que par sa coexistence sympathique avec les autres hommes, avec le genre humain tout entier.

Dieu est bon et juste. Dieu est bon; il a voulu le bonheur de ses créatures : Dieu est juste ; il a voulu que ses créatures méritassent d'être heureuses. Il a voulu être glorifié par des créatures glorifiées elles-mêmes.

L'apparition de l'homme sur la terre n'est qu'un mode de son existence; le reste nous est caché. Nous savons seulement qu'une créature intelH-

gente et morale ne peut avoir que de grandes et nobles destinées.

Une foule de considérations importantes pourraient se rencontrer sur notre route, si nous voulions nous y arrêter. D'un côté, l'étude des monuments géologiques nous montre une succession d'êtres animés, qui ont été entièrement détruits, et nous montre en même temps un progrès dans l'organisation de ces différentes espèces d'êtres animés, qui ont précédé l'homme sur la terre; d'un autre côté, l'inspection du fétus humain, à ses différentes époques de développement, offre une analogie frappante avec cette succession d'êtres animés et avec ces progrès dans l'échelle de la vie. Chaque être, à mesure qu'il s'élève dans cette hiérarchie de l'organisation, présente les mêmes analogies avec ceux qui lui sont inférieurs ; l'homme seul parcourt, avant de voir la lumière, tous les degrés, et rappelle ainsi à lui seul successivement, comme pour les compléter, tous les actes de la création des êtres qui vivent sur la terre, tels que ces actes de la puissance divine sont énumérés dans la Genèse; lui seul enfin a reçu l'empreinte de la ressemblance du Créateur: et cette ressemblance sera définie et expliquée. De plus, dans les profondeurs du ciel, nous croyons remarquer avec nos télescopes des mondes à plusieurs âges d'existence; les uns semblent en-

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