DEUXIÈME PARTIE. i
dafFection inspirés par la nature, ou fruits d'un choix volontaire , comme ceci n ote rien aux vertus puisées dans le dévouement; de même, la société doit rester sous la protection de la Providence, et perpétuellement, dans tousses actes, reconnaître le haut domaine de Dieu sur ses créatures, sur le^ réunions de ses créatures vivant sous des lois communes à tous.
Enfin, et il est temps de le dire, c'est l'entier développement de la loi évangélique, qui est l'unique loi morale du genre humain, loi parfaitement indépendante et désintéressée de toute forme politique, loi si différente, en cela, de la loi de Moïse qu'on voudrait nous imposer de nouveau.
Il faut rendre à la Ville des Expiations toute l'énergie du culte public; il faut, si j'ose m'exprimer ainsi, lui rendre le frein et l'appui de la solidarité, parceque cette ville est placée dans l'hypothèse sévère des institutions primitives , des cités fondées sur le droit d'asile. Ses citoyens sont destinés à recommencer leur^ducation sociale; c'est une colonie ancienne, au milieu des peuples modernes.
Ceci nous ramène à notre point de départ.
Les états antérieurs de la société, états où une partie de l'espèce humaine était dans des liens si durs, ces états entraient aussi dans les vues de la
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Providence. Les hommes qui naissent au sein de ces sortes d'organisation sociale sont soumis à une autre forme d'expiation, et, sans doute, cette forme fut nécessaire en son temps. C'est la même nécessité qui nous impose le devoir de bâtir une ville nouvelle. Les Apôtres parlent sans cesse de cette ancienne loi qui fut gravée sur la pierre. Il en est de même des peuples encore barbares. Il en est de même du fléau de la guerre. Il en est de même des innocents persécutés ou tués. Il en est de même des individus qui gémissent sous le poids d'une exclusion sociale ou d'un préjugé qui les domine eux-mêmes. Il en est de même des mérites méconnus. Il en est de même de toutes les injustices légales ou illégales. Il en est de même des calamités de tout genre qui pèsent sur quelques uns, ou sur des multitudes. Ce sont toujours des épreuves ou des expiations : à la fin tout se retrouvera; rien ne se perd dans le sein de Dieu. Je vois toujours le perfectionnement social contrarié par ceux qui devraient le diriger, ou le hâter : c'est, sans doute, une des conaitions de la société; et souvenon&>nous que la société a été imposée à l'homme, après la déchéance, après le meurtre de la grande victime dont nous devons recomposer l'être, pour parler le langage déjà employé au commencement de cet écrit. Que sais-je si ce moment-ci ne sera pas signalé par une nouvelle ex-