‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 88 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

c'est-à-dire le signe de son individualité religieuse, les flots de la Grèce vinrent se briser au pied de ses remparts. Lorsque les anciens peuples faisaient le siège d'une ville, ils commençaient par conjurer les dieux de cette ville pour qu'ils l'abandonnassent. Job se plaignit de la Providence, mais il reconnut aussitôt l'injustice de sa plainte, et les calamités se retirèrent de lui. J'entasse les exemples de tous les genres, parcequ'ils témoignent de l'unanimité d'un même sentiment: c'est dans la direction de mes idées. Je ne veux point, pour cela, mêler le sacré et le profane. D'ailleurs il fiaut bien dire que la force morale est l'alliée si^mpathique de la force religieuse. C'est une leçon que je donne aux peuples de l'Eqrope actuelle, à qui, au reste, l'unité du sentiment religieux est devenue très facile par le christianisme. Les peuples de l'Amérique*, les États-Unis, ont commencé par prendre Dieu à témoin de la justice de leur cause ; * ils se sont mis sous la protection du Dieu de la liberté, du Dieu des chrétiens.

Selon un ancien poëte, et le goût que j'ai dû contracter pour cette première forme de la sagesse doit me faire pardonner l'emploi d'une telle allégorie; selon un ancien poëte, la force finit par s'asseoir sur le trône de Jupiter: traduire ceci en langage philosophique, cela veut dire que le fait ne peut régner qu'à la condition de s'ériger en

droit. Je viens de dire une leçon pour les peuples ; voici maintenant la leçon pour les dépositaires du pouvoir.

Dynastie veut dire force ; c'est la force sociale. Ce nom fut d'abord appliqué aux gouvernements • héroïques; il passa ensuite avec son énergie primitive dans les gouvernements réguliers, c'est-àdire dans les gouvernements de l'humanité. L'Egypte et l'Étrurie, dans les temps les plus reculés, furent partagées en dynasties.

L'essence, la nature du pouvoir, ont changé:

gradué selon l'origine et le principe des divers gouvernements de l'humanité, l'assentiment* de fait, ou l'assentiment légal, en est devenu une condition nécessaire.'

Le pouvoir fort gouverne avec plus d'assentiment que le |X)uvoir faible, parcèqu'un instinct qui ne trompe pas veut que chaque chose soit dans sa nature. Celuj qui doit obéir veut une raison de son obéissance. L'autorité, même l'autorité ' paternelle, a bjesoin d'être juste.

Le gouvernement faible manque à sa mission, puisqu'il est inhabile à protéger.

La sanction du pouvoir de celui qui commande est donc dans l'assentiment de celui qui obéit: c'est en cela que réside la force sociale, antiqtie acception du mot dynastie. N'avons-nous pas vu, plus haut, que même la sanction de celui qui

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