‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 89 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

inflige le châtiment est dans Fassentiment de celui à qui il est infligé avec justice?

Tous les ordres de civilisation sont fondés sur cette sanction. Dans les temps de crise, ce qui fait la crise,cest laffaiblissement de la sanction. Les raisons du pouvoir ne sont plus évidentes; elles sont discutées et contestées. Lorsque l'initié sait tout ce que l'initiateur peut enseigner, il y a progrès; donc il y a lieu à constater le progrès en légalisant une transformation sociale.

Les dynasties sont tenues de représenter la société qu'elles ont à gouverner. Refuser d'ériger le fait en droit, c'est-à-dire de légaliser le fait, de constater la transformation sociale dès qu'elle est opérée, c'est tout à-la-fois créer et amnistier d'avance la révolte. Ainsi, représenter la société qu'elle est appelée à gouverner, telle est la mission auguste de toute dynastie ; et c'est dans le sentiipent seul de cette mission que réside l'infaillibilité. Le pouvoir, quoi qu'en dise M. de Maistre, n'est donc infaillible qu'à la condition d'être l'expression vraie de ce qui est.

La sibylle de Samothrace, dont j'ai déjà parlé, est un emblème de cette doctrine professée par moi dans l'Homme sans nom, sorte d'apologue par lequel je préludais à ma philosophie palingénésique, et qu'à cause de cette analogie, je me

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