OL. I
propose de réimprimer, pour le comprendre dans la même publication.
La sibylle, par sa nature cyclique, a, comme nous l'avons vu, son existence liée à une forme de civilisation. Lorsque cette forme doit périr, le sens prophétique abandonne la sibylle, et, pour elle, le sens prophétique, c'est la vie. Elle meurt donc, ainsi que le lierre, lorsque l'arbre qui est son appui vient à mourir. Ou plutôt, c'est l'Hamadryade dont la vie est celle de l'arbre même.
Une dynastie ressemble-t-elle à la sibylle de Samothrace? Sitôt que la faculté de représenter la société lui est ravie, ou, en d'autres termes, sitôt que la société subit une transformation avec laquelle la dynastie n'est pas en sympathie, cette dynastie devient-elle comme la sibylle dépouillée du sens prophétique? Nous verrons, plus tard, ce qu'est, dans une telle donnée, le Testament de Louis XVI et la Charte de Louis XVIII ; et, à propos du mot si puissant d'auctoritas^ chez les an»ciens sages du vieux Latium, nous aurons à dé^terminer les véritables attributions du législateur^
Finissons cette partie des prolégomènes par un mythe, sorte de langage auquel nous avons dû nous accoutumer. La révolution française est le chaos cosmogonique, le combat toujours énergique et souvent aveugle de tous les divers éléments sociaux entre eux. Une pensée intime tra-