VI
Un mot sur les notes et développements.
J'ai indiqué, dans la préface, la raison qui m'a porté à terminer par des notes et développements; Il suffit donc de quelques mots pour finir cette partie des prolégomènes.
ie me suis assez souvent, comme on a pu s'en apercevoir, trouvé obligé de faire des digressions, d'entrer dans des explications; ici, de revenir sur mes pas, là, de faire prévoir ce que j'avais à établir plus loin ; je n'ai pu enfin tout dire à la fois; c'est là l'inconvénient de la parole humaine, qui, par sa nature, est successive, et qui, sous ce rapport, est quelquefois une image incomplète de la pensée. C'est pourquoi j'ai cru devoir renvoyer à des notes tout ce qui s'applique simultanément à plusieurs ordres d'idées, à plusieurs systèmes de choses ; j'ai cru devoir y renvoyer également ou les faits et les principes qui m'auraient trop dé-
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tourné de ma route , ou ceux qui avaient besoin de préparation pour être compris.
Les notes et développements sont donc une partie nécessaire de cette composition variée dans ses formes, une et identique dans son ensemble.
Il est bien temps de rentrer dans des considérations générales; ce sera l'objet de la troisième partie, qui suit.
L'homme des doctrines anciennes, le prophète du passé, vient de mourir. Ses écrits, pleins de verve, d'originalité, de véritable éloquence, de haute philosophie, attestent l'énergie dont fiit douée cette civilisation qui se débat encore dans sa douloureuse agonie, et que l'on voudrait en vain ressusciter. Paix à la cendre de ce grand homme de bien ! Gloire immortelle à ce beau génie ! Maintenant qu'il voit la vérité face à face , sans doute , il reconnaît que ses rêves furent ceux d'une évocation brillante, mais stérile et sans puissance. Il voulut courber notre tête sous le joug d'un destin fini. La foi qui opère tant de prodiges ne peut pas faire celui-là ; elle ne peut pas que ce qui est progressif soit stationnaire, que le passé soit le présent. Ah ! c'est bien au rigide néoplatonicien de notre temps qu'il est permis de dire,