OL. I
2i8 PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
j'en ai déjà exprimé le désir, de compter pour quelque chose Futilité du coupable lui-même, de ne pas l'exclure de toute confraternité humaine? Si cela est vrai, si cela est juste, comme je n'en doute point, il faut réclamer jusqu'à ce qu'elle soit obtenue ; il faut réclamer avec persévérance, avec acharnemen);, l'abolition de toute peine qui entraîne un effet irrévocable après elle. Ne craignons pas de désoler l'impassibilité de ceux qui veulent continuer de supplier par le sang, par la torture, par la gêne, par les geôliers et les bourreaux. Non, ne nous lassons pas de le redire, non, il ne faut pas, autant qu'on le peut, placer le malheureux sous la loi absolue de l'irrévocable ; il ne faut pas lui river les fers de son mauvais destin : c'est bien assez qu'il se place lui-même sous cette loi fatale, et que, trop souvent, il se ferme, de plein gré, tout chemin de retour. Laissons une place au pentir, à l'amélioration morale; et, quelquefoift'"^ encore, n'en doutez pas, cette place que vous croirez n'avoir accordée qu'à la possibilité du repentir, pourra servir à réparer quelque erreur douloureuse.
Mais allons plus loin. Il est permis de douter de l'utilité des peines rigoureuses, flétrissantes, en un mot, irrévocables; il est permis, dis-je, d'en douter, même dans l'intérêt de la société. Il y a des faits nombreux, très extraordinaires, et fort