‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 130 sur 221 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

inviolable, et qui enferment à-la-fois la Thèbes profane, FOgygie mystique. Pour FÉgypte, les Titans nont point brisé de rochers, nont point éteint de flammes souterraines ^ il na point fallu essarter graduellement de vastes forêts, pour y faire pénétrer ]e jour; le sol tout entier a dû être créé par Thomme avant qu'il pût s y établir. Audelà ne sont pas des bois, séjour de lantique obscurité, du terrible silence, mais ou les sables du désert , ou les flots des mers orageuses. Roi pasteur, ne soyez donc pas étonné si tout mon être, si toutes mes facultés ont été bouleversés par Fa»pect seul de l'Egypte.

Sans doute, vénérable Évandre, lorsque vous êtes arrivé dans ces lieux, vous avez été tout surpris de heurter des débris à chaque pas. Vous vous attendiez {>eu à ces traces encore subsistantes de générations successives qui vous eussent précédé. L'exilé de la région ante-lunaire ne devait pas croire, en effet, à ces ouvrages des hommes qui, avant lui , avaient succombé dans une lutte inégale contre les ravages des volcans. Je vous ai raconté que j'avais éprouvé le même étonnement dans la Samothrace , lorsque je voulus interroger la sibylle du vieux monde.

Mais ces monuments si chétifs, et qui nous ont paru si considérables à vous et à moi, que seraient-ils comparés à ceux dont l'Egypte est cou-

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verte ? Ces citadelles phéaciennes, ces nids d'aides sur les rochers, que seraient-ils devaat ces masses imposantes, ces édifices gigantesques qiii étalent une telle magnificence à Imtérieur comme à Textérieur?

Vous avez souvent ouï parler, roi pasteur, des pyramides qui surchargent cette terre limoneuse , devenue la terre des merveilles, contrée soumise à des dynasties de dieux avant d avoir fléchi sous des dynasties de rois; on vous a parlé de ces temples, de ces obélisques, de ces palais, de tant de prodiges qui ne laissent jamais reposer [admiration. Mais ce qui étonne le plus, cest que tout est symbolique , et qu on a , de suite , un sentiment indéfinissable de ces créations symboliques, marque véritable d'une intelligence peut-être divine, en effet. La langue présente un sens mystérieux et un sens littéral , un sens caché et un sens découvert, un sens profond et un sens superficiel ; les monuments sont eux-mêmes toute une langue emblématique. Les apparences voilent toujoiure des réalités. Le Nil aussi, père nourricier de l'Egypte, par le secret dont il couvre sa source ignorée, paraît être une image rapide et vivante des traditions, qui se perdent dans la nuit dés temps. On dirait qu'avec sa vase féconde il roule toutes les lois de l'allégorie. L'étranger qui arrive, pour la première fois, dans une ville d'Egypte,

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