‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 134 sur 221 · LIVRE SIXIÈME. 2i · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. 2i

monde sublunaire, parcourant les difFérentes sphères étoilées, comparaissant, à chacune de ses stations, devant une divinité d'un autre ordre, jusqua ce que toute la hiérarchie céleste soit épuisée, et accomplissant ainsi, dans des existences successives, la série d'épreuves par lesquelles il faut qu'elle passe avant de pouvoir être introduite dans son état définitif, dans la gloire de l'époptisme véritable, dont l'époptisme des initiations n'est qu'une image affaiblie.

Évandre, j'aurais maintenant à vous peindre avec quelque détail toutes les villes opulentes que j'ai vues, et qui ressemblent si peu à celles de la Grèce ou du Latium; j'aurais à vous dire leurs noms, leurs mœurs, leurs cultes, leurs institutions^ mais ce sera le sujet inépuisable des divers entretiens que nous reprendrons par la suite: nous ne devons pas espérer ni l'un ni l'autre que nous puissions vivre assez pour que nous ayons fini , moi , de raconter tant de choses , vous, de les entendre et de m'interroger. Quant à présent, je dois me hâter de satisfaire aux plus justes désirs de votre curiosité.

Après avoir traversé toute la Basse-Egypte, ce fut à Sais, ville de la Haute-Egypte, que je me déterminai à aller demander les bienfaits de l'initiation. Je n'étais pas sans quelque crainte à cet égard. Si déjà de simples relatious sociales me

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donnaient une sorte d'hésitation dont je n'étais pas le maître; si déjà les paroles usuelles du commerce ordinaire de la vie produisaient en moi du trouble, parceque j'étais toujours incertain du sens caché que je leur supposais, quelle ne devait pas être mon anxiété, lorsque, dans l'intérieur du temple, je me trouverais en communication avec les maîtres de toute science! Mais, du moins, la ville de Sais n'est, en aucun temps, submergée par les eaux.

On se fait, sur les initiations, bien des idées fausses que la suite de mon récit vous apprendra, roi pasteur, à rectifier. On croit, en général , qu'elles sont destinées à dévoiler la vérité, et à l'enseigner. Cela n'est point vrai : la vérité ne s'enseigne pas; elle illumine celui qui eu est digne. Les prêtres de l'Egypte n'ôtent jamais le voile qui couvre la statue d'isis, et jamais eux-mêmes n'ont vu cette statue sans voile. Dans les initiations, il est vrai, on interroge celui qui se présente. Le néophyte répond selon ce qui se passe en lui ; et, s'il s'est trompé, on se fait un devoir de ne pas le détromper. C'est un aveugle que l'on laisse aller. On fait plus, on le pousse dans le sens même de son génie ; on l'abandonne entièrement à son propre instinct. Si, ensuite, il fait des progrès, il s'aperçoit bien de ses premières erreurs sans qu'on ait besoin de les lui montrer. Alors on

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