LIVRE SEPTIÈME
a dû être, entre les choses merveilleuses, la plus merveilleuse de toutes. Mais la nature humaine, tout agrandie qu elle est dans ses facultés les plus éminentes, est toujours la nature humaine. Lor-» gueil aussi lutte contre la douleur; et eehUVoV'^ gueil, sans doute, que les dieux veulent punir dans rémancipateur de la race humaine. Oui, dit Prométhée, j accepte la douleur pour là gloire.^ Voilà que maintenant les hommes sont, en quelque sorte , devenus mon ouvrage. Ils ont reçu de moi Tintelhgence et la science. Les dieux avaient façonné une argile, j'ai donné une ame à cette argile. L'homme me devra ses travaux futurs. Que les dieux laissent à la nature le pouvoir de résister à l'homme j moi, je lègue à l'homme la puissance de dompter l'aveugle nature. J'ai introduit sur la terre la loi du progrès. Race humaine, désormais c'est à toi de t'aventurer avec courage et constance dans les voies de l'avancement, c'est à toi de marcher de conquête en conquête. Le des-e tin de l'immobilité et du silence est vaincu par moi; par moi, régne sur le monde le destin de la succession et du progrès.
Je sens quelque chose au-delà, m'écriai-je en-» core; la vérité m'est déniée, et peut-être est-elle déniée à tous.
Le prêtre prononça quelques mots de plus, que le chœur répéta ; et ces mots contiennent toute
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une doctrine , mais une doctrine qui est loin d expliquer une moitié de la destinée humaiiie :
Ainsi Thomme a acquis la capacité an bien et du mal ; ainsi il a acquis Timputabilité de ses actions, la responsabilité de sa vie
Thamyris, l'esprit toujours offusqué par les lueurs douteuses d'une doctrine trop contenue ou trop insuffisante, et se repliant sur lui-même pour y démêler l'accord de la nature humaine avec les notions indécises qu'il avait reçues, avec les événements dont il avait été témoin , fît ensuite briller, aux yeux d'Évandre, une lumière qui était une conjecture nouvelle, et qui ne pouvait dégajjer la vérité de son dernier nuage. Voici les paroles qu'il laissa échapper, fruit à-la-fois de son sens intime et de sa science incomplète:
Lorsque l'on compare cette belle tradition de Prométhéeà toutes les traditions primitives, on pourrait y trouver la première apparition de l'hom* me sur la terre; on pourrait y trouver encore l'institution du langage, qui est le don de l'intelligence, figuré parle feu céleste. Cette nature intermédiaire entre la nature divine et la nature humaine n'est peut-être que le dogme d'un réparateur de la nature humaine déchue, dogme enveloppé dans les langes des traditions juives....
Mais arrivé à ce mystère des mystères, reculé si avant dans les profondeurs de la science cos-