LIVRE HUITIÈME. agS
récit même symbolique n est retracé avec quelque clarté nulle part. Alors je me i*appelai que le prêtre souvent se croyait réduit à promulguer la doctrine , sans pouvoir la pénétrer.
Tels sont, sage Évandre, les célèbres tableaux du temple dlsis, connus dans le monde sous le nom de tapisseries égyptiennes, ou tapisseries sacrées, tissus animés par les prestiges des arts, et que Ion montre seulement aux initiés.
Mais, après l'exposition de ces tableaux muets, j assistai à des tableaux variés , dont les personnages étaient réels. Ils agissaient, ils parlaient, ils accomplissaient des desseins , ils arrivaient à un but. C'était la vie humaine elle-même se manifestant par des actions dignes d'éloge pu de blâme. C'était une loi de la Providence, rendue sensible. C'était la volonté de l'homme luttant avec dignité contre le destin, ou succombant avec courage contre des obstacles invincibles. Des héros surhumains étaient le sujet de ces représentations; de^ dieux et des génies descendaient du ciel, ou sortaient de la terre, pour se mêler à ces héros des premiers âges. Des faits cosmogoniques étaient évoqués de leurs silencieuses ténèbres. L'illusion, qui a produit le monde actuel, cette grande et noble poésie, l'illusion s'empara de moi tout entier. Je rêvais à-la-fois le temps mobile et l'im*^ mobile éternité. Je suivais Isis dans ses courses
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(^gémissantes et civilisatrices, donnant le blé, les lois, la famille, les tombeaux. Je voyais lliomme subissant l'épreuve de cette vie, et se préparant ainsi à l'épreuve de la vie suivante.
Il me fîit annoncé, Evandre, que je serais appelé à remplir les fonctions de myste dans un de ces drames sacrés qui sont la gloire du labyrinthe. Mais avant de revêtir ainsi le caractère et les sentiments d'un personnage symbolique, je devais être admis à admirer un autre genre de drame, où le spectacle était Févénement lui-même, événement d'une haute importance pour l'Egypte, et dont le nœud allait, en ce moment, se dénouer en présence des sages.
Le prêtre me l'expliqua en ces mots : Une grande solennité nous réunit aujourd'hui. Le roi qui gouvernait l'Egypte vient de mourir. Celui qui jugea les hommes sera jugé à son tour. C'est Théoclymène, fils de Protée. Protée fut le dernier roi de race divine qui ait régné sur nous; car, jusqu'à lui, nos dynasties royales furent des dynasties divines. Théoclymène ne fut qu'un homme; nous n'exigerons point de lui les merveilles qui ont illustré le règne glorieux de son père; nous ne demandons point à un homme la sagesse d'un dieu. Thamyris, tu dois porter à l'oreille des rois de grandes leçons, tu leur raconteras un jugement des prêtres de l'Egypte; c'est la première