‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 180 sur 221 · LIVRE HUITIÈME. ôu · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. ôu

Après ce discours, rassemblée des vieillards se leva, et suivit en silence le roi Thëoclyméne dans le champ d asphodèle destiné aux sépultures royales, champ sacré où domine le vaste tombeau d'un dieu qu'il n'est pas permis de nommer. Lorsque les devoirs funèbres furent accomplis, les vieillards se formèrent de nouveau en assemblée, pour s'entretenir entre eux sur l'ensemble des destinées humaines, dans le lieu même où était marquée leur fin apparente. Ils voulurent que les néophytes assistassent à ces graves entretiens, mais il ne leur fut permis que d'écouter. Les vieillards s'assirent sur les marches d'un obélisque élevé au milieu du champ de deuil. Les néophytes, dispersés autour, à une distance d'où ils pouvaient facilement entendre les discours des vieillards, étaient assis sur des bancs de gazon. Parmi les vieillards était un sage Étliiopien ; je crus d'abord voir en lui un témoin étranger venu d'un autre univers, pour connaître la sagesse qui préside à celui-ci. Son visage noir avait quelque chose d'impassible, et même d'immobile comme une image du temps. Ses yeux seuls exprimaient le sentiment de la vie variable et successive.

L'ancien des vieillards dit : Que trois se lèvent à-la-fois; que l'un soit un Hébreu, instruit dans les traditions des patriarches; l'autre, un Scalde destiné à enseigner les instituteurs des nations

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celtiques-, le troisième, un Brachmane de Flnde.

Les trois vieillards se levèrent, et dirent alternativement une cosmogonie différente.

Un Égyptien lut quelques lignes du livre de Thot; et ces lignes étaient un résumé de ces cosmogonies diverses :

Le monde des essences existait dans la pensée de Dieu. Dieu voulut exprimer sa pensée, et le monde des substances exista. La substance d abord neut point de forme-. Dieu dit, et elle subit le joug de la forme. Dieu dit une fois, et, pour Dieu, une fois c'est toujours, et la substance subit toujours le joug de lorganisation , le joug de la vie, le joug de Tintelligence ; et lorganisation, la vie à ses divers degrés, Fintelligence, finiront par conquérir toute la matière en la domptant, ou même en l'informant.

Mon esprit, Évandre, s abaisse devant de telles doctrines.

Après la lecture du livre de Thot, l'ancien des vieillards se lève , et dit: Néophytes, louez Dieu, car c'est Dieu qui a créé l'homme, qui la créé avec des facultés perfectibles, avec une intelli* gence sympathique et susceptible d'avancement. Néophytes, la vérité existe, elle existe forte et invincible. Elle se manifeste selon les facultés de l'homme, et selon son intelligence. Ce qu'il feut que l'homme connaisse de la vérité, selon les

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