‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 181 sur 221 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

temps et les lieux, se révèle toujours selon les temps et les lieux. La vérité nécessaire au genre humain a toujours été et sera toujours dans le genre humain.

Roi pasteur, il ne m avait pas été donné de comprendre les emblèmes dont chacun des trois vieillards venait de M servir pour expliquer Forigine des choses; et leurs paroles mystérieuses n ont été pour moi que des paroles pleines dliarmonie, semblables à cette sorte de musique dont les sons ne se lient point au langage articulé : chacun leur applique et ses propres pensées et ses propres impressions. Je me formais moi-même intérieurement un système, mais un système tellement fantastique, qu'il m'échappait lorsque je voulais le considérer avec la vue de mon esprit, et le fixer dans ma mémoire. J'ai su seulement la puissance et la bonté du grand Être qui crée éternellement le monde. G est ainsi, roi pasteur, que les traditions primitives se modifient et s'altèrent en s'assimilant à l'intelligence humaine. C'est ainsi que chaque homme finit par donner la couleur de sa pensée à la pensée divine. On peut en dire autant de chacune des races, distinctes entre elles, et dont l'ensemble forme la grande famille du genre humain, races si semblables et si diverses. La parole humaine n'est qu'un miroir de la parole divine , et un miroir plus ou moins exact ,

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plus ou moins fidèle. Mais il subsiste toujours une image affaiblie, une ombre de la réalité: la pensée divine ne peut être jamais complètement altérée; et, pour les hautes intelligences, elle est toujours la pensée divine, toutefois devenue accessible. Les formes différentes des différentes intelligences humaines, rendues -sensibles par les formes différentes du langage, donnent une idée des altérations successives que subit la tradition en se transmettant. Faut-il donc s'étonner si les génies sublimes, suscités pour diriger les destinées humaines, parlent à chaque peuple la langue de ce même peuple, puisque les dieux euxmêmes sont obligés d'employer la parole humaine, lorsqu'ils daignent s'entretenir avec les hommes?

Les néophytes, condamnés au silence, témoignaient par Tétonnement et l'incertitude de leurs regards que leur esprit n'était encore qu'ébloui.

L'ancien des vieillards se leva pour nous offrir un faible point d'appui, le seul qu'il pût nous présenter. Il ne voulait point concilier les systèmes qui venaient d'être exposés , il ne voulait point accorder les traditions entre elles : c'était sans doute au-dessus de son pouvoir. Il se borna donc à expliquer que ces systèmes et ces traditions, tous venus d'une source commune, tous émanés de réternello vérité, ne sont ((ue des transformations,

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