‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 182 sur 221 · LIVRE HUITIÈME. Sog · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. Sog

ou plutôt des formes adaptées aux génies divers des diverses familles humaines.

Le vieillard hébreu se leva pour affirmer de nouveau son discours; les autres vieillards gardèrent le silence.

Le vieillard hébreu , qui n'avait point été contredit, s assit sur son siège.

L'ancien des vieillards, qui était resté debout, s adressant à l'Hébreu, lui dit: Vieillard, vous faites votre devoir; mais ces néophytes ne sont pas chargés de fonder des religions. Puis il ajouta : Sages des pyramides, vous qui remontez sans repos Je fleuve des croyances, levez-vous, et ditesnous ce que vous ont appris vos méditations sur la condition de Têtre dans l'homme. Levez-vous deux à*la-fois, insensibles à ce que les discours de l'un peuvent avoir de contradictoire avec les discours de l'autre. Vous le savez, les opinions des hommes diffèrent entre elles; et sans doute que les dieux ont voulu cette diversité, car ce qu'il faut c'est que l'intelligence humaine se développe. A ces mots, il s'assit.

Alors deux vieillards se levèrent ensemble, et exposèrent, chacun à son tour, une explication des choses, l'un par les deux principes, et l'autre par le système de l'unité dans la cause première. Ces deux grandes voies de l'intelligence humaine , livrée à elle-même, ces deux hypothèses, égale-

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ment revêtues des charmes de la poésie, semblaient contenir, lune et l'autre, la vérité.

L ancien des vieillards se leva, et dit: Chaque homme, borné dans ses facultés, ne peut voir qu un des côtés à-la-fois des objets. Voilà pourquoi des opinions opposées peuvent être successivement vraies. Sïl était donné-à Thomme dé s'élever assez haut pour les dominer, il saurait le point oh des opinions opposées se touchent, lorsqu'en effet elles sont vraies. L esprit humain ne voit pas toutes les faces ; celles qu'il voit , il les voit à mesure qu'elles sont éclairées par le temps. Mais il se sou* vient; et il dit à chaque homme qui sait Técouter, et lui-même apprend. Néophytes, le mal existe, nul ne dira l'ori^nedu mal; nul ne pourra concilier l'existence du mal avec la bonté de Dieu. Toutefois louez Dieu, car c'est Dieu qui a créélliomme, qui l'a créé avec des facultés perfectibles, avec une intelligence sympathique et susceptible d'avancement. Que deux autres vieillards se lévent. A ces mots , il s'assit.

Deux autres vieillards se levèrent, et dirent alternativement le destin et la liberté. L'un peignit avec tristesse la lutte de la volonté humaine contre la fatalité des choses. La volonté doit résister même à l'obstacle qu'elle juge insurmontable. Elle combat avec la certitude d'être vaincue. L'homme est esclave, mais il n'accepte pas l'esclavage. C'est là le

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