‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 186 sur 221 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

dions , ce n est poiut pour parler plus librement entre nous. La même diversité dopinions et de sentiments qui est dans le monde est aussi dans les labyrinthes de l'Egypte , et nous soufTrons sans peine cette diversité , parceque nous savons que la pleine vue n est point donnée à Thomme. Il dit et s assit.

Une musique harmonieuse remplit les airs, et les néophytes se retirèrent en silence , au milieu de ces accents qui prolongeaient iextase de nos facultés.

J assistai, les jours suivants, à plusieurs cérémonies dont il serait trop long, Évandre, de vous donner des détails. L'une était une théorie toute composée d'initiés ; cette théorie était destinée à représenter Thomme affranchi du lien social, c'est-à-dire dans l'état sauvage ou de troglodyte , ensuite l'homme social, et enfin l'homme pro- ^pressif', l'autre était une théorie qui figurait tous les cultes de la terre, dans leur ordre traditionnel. Mais la cérémonie qui m*intéressa le plus vivement, ce fut l'expiation dun grand coupable. Une doctrine toute nouvelle me fiit communiquée; et cette doctrine effaroucha d'abord ma raison. Se trouverait-il, en effet, des hommes qu'une impénétrable Providence aurait voulu soumettre à l'épreuve du remords ? Pour rendre k celui-ci les droits de l'innocence, il lui fut

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prescrit <l'alW enlever, au péril de sa vie, la statue sacrilège d une divinité à laquelle on sacrifiait des victimes humaines.

A ces mots , Évandre , soulevant ta t?ète vénérable , dit : Hercule nous a délivrés de cette cmelle rançon-, mais un sentiment intime, universel, daccord avec toutes les traditions obscures corn* me avec les traditions lumineuses, d^accord surtout avec les religions terribles, crie, au fond des âmes, que nous ne sommes pas afïranchis de la dette. Et quelle est cette dette?

Thamyris répondit que la suite de ses entretiens pourrait peut-être lever une partie du vo3e qui couvre les destinées humaines. Puis, ofmti^ nuant son discours, il raconta comment, après toutes les épreuves par lesquelles il avait été pr^ paré, il fut admis, les jours suivants, i revédr lui-même, dans des spectacles théogoniques et cosmogoniques , les personnifications les plus in^ fimes et les plus augustes, les plus abjectes et les plus éclatantes. Il dit comment on lavait fait passer par des palingénésies successives, où, sans perdre Fidentité du moi , il avait pu pressentir les facultés départies à chaque ordre, à chaque classe de mortels, et même à chaque sphère d'intelli* gences. Toutefois , ajoutait^il, je ne pouvais point parvenir à une complète identification : tantôt lobstacle était dans mes organes, tantôt il était

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