‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 188 sur 221 · LIVRE HUITIÈME. 39.i · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. 39.i

resterait toujours identique. Elle tendrait à s'^ lever dans une plus haute sphère, mais sans y être absorbée, sans cesser d'être elle-même.

Ceci n'est point écrit dans nos livres, dit un des sages. Ce qui est écrit dans d'autres livres, c'est que, pour la race humaine, extérieurement semblable et homogène, il y a trois sortes d'ames. La distinction des âmes se retrouve dans les. animaux, non point relativement à eux, mais relativement à l'homme.

L'homme a failli, dit un autre sage; la loi de, son être a été troublée ; la loi du monde où il . domine a été troublée en même temps. Notre intel-^ ligence ne peut plus voir que des nuages.

Qu'il me soit permis de raconter un songe, dit un septième sage. Chaque intelligence est destinée à devenir, après des myriades de siècles, une intelligence créatrice, toujours sous le gouvernement du Dieu suprême. Ces intelligences font des • mondes analogues au pouvoir qui leur est accordé, selon le mérite de chacune. J'étais sur le point de saisir moi-même un tel pouvoir, lorsque mon songe a cessé.

Il est écrit dans des livres, dit un autre sage, que le monde où a été placé l'homme est l'ouvrage d'intelligences qui ne sont pas l'intelligence suprême; et c'est ainsi que ces livres expliquent pour nous l'origine du mal. Mais l'homme ne

particijiKvt'il pas déjà de la fonction de créateur, puisqu'il est appelé à savoir, puisque, dès le commencement, Dieu lui a dit de nommer? L'homme crée par la [)ensée ; si Dieu lui donnait de la matière et du mouvement, l'homme réaliserait cettr. pensée. De plus , il a été dit que tel roi avait achevé le monde : parole emphatique, non dépourvue de sens. L'homme, après avoir subi les influences des éléments, fera-t-il subir aux éléments sa propre influence? L'homme régénéré régénèrera-t-il la terre?

Les ténèbres s'épaississent autour de nous, dii un neuvième sage; hâtons-nous de nous reculer, car notre pied pourrait glisser dans un abyme.

Je ftis alors saisi d'une sorte de vertige, je m'échappai de la prison de mes organes , mon ame plana sur le monde. Il me sembla que, dans une illusion ravissante, ma pensée assistait au commencement des choses. Qui pourrait dire mon étonnement?

Les éléments sortaient du chaos avec leurs lois primitives et leurs propriétés, et ces lois gouvernent les atomes et les sphères célestes; et les sphères célestes agissent les unes sur les autres comme les atomes s'attirent et se repoussent.

La création Fut jx)ur moi l'acte d'un magisme divin; et cet acte, je sentais intuitivement qu'il était un acte continu, éternel.

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