LIVRE HUITIÈME
Je vis la terre d'abord peuplée d'êtres, et cependant solitaire, à l'époque où aucun des êtres qui l'habitait ne levait les yeux vers le ciel , ne savait contempler la lumière et l'ombre; et l'homme vint pour apprécier et connaître , pour prendre [)ossession des solitudes inutilement enchantées de la terre, pour prendre possession de lui-même, de ses propres facultés; car, [X)ur l'homme, être réellement c'est se connaître.
Je devins cet homme, par la puissance de sympathie, par la réalisation d'une synthèse primitive; je devins cet homme à qui la création tout entière apparut, une première fois, comme au sein d'un rêve magique. Je prophétisai donc, et je donnai un nom à toutes choses, et ce nom était l'essence de chaque chose.
Je fus, quelques instants, cet homme dont les facultés existaient, mais endormies, puis se réveillèrent, puis participèrent à la création.
Je fus cet homme universel qui, ayant saisi la responsabilité de ses pensées et de ses actes, pécha et fut condamné.
Et le décret qui le condamna fut, en même temps, un décret de condescendance, puisqu'il était le moyen de reconquérir l'être perdu.
Je devins, après un malheur qui me paraissait irréparable, cet homme universel dispersé par la génération ; je me sentis successif, de stable et de
permanent que j'aurais dû être; et je compris comment Prométhée a été dit avoir fait lliomme; mais je compris, en même temps, qu'il n'avait résolu qu'une moitié du problème, celle de la responsabilité.
Je me sentis renaître à l'espérance, parceque je ne doutai point que je serais rendu à la permanence et à la stabilité , lorsque je l'aurais mérité. Je ne doutai point sur-tout qu'un autre viendrait résoudre l'autre moitié du problème, celle de la réhabilitation.
Je compris ainsi la raison des épreuves de l'humanité, épreuves dont les mystères d'Isis offrent une image.
Et je connus les grandes harmonies du monde, les harmonies entre les éléments, les corps célestes, les individus des trois régnes de la nature, et l'homme.
J'appris que l'homme était l'abrégé de Funivers, qu'à lui aboutissaient les influences des astres, aussi bien que celles des minéraux, des plantes, des espèces variées des êtres.
Et il me fut dit que la perpétuité de l'homme étant un mystère cosmogonique, les cérémonies du mariage ont dû être une commémoration et un symbole de l'événement cosmogonique.
L'astrologie est une synthèse.
La connaissance des vertus soit médicales soit