‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 193 sur 221 · LIVRE HUITIÈME. 33i · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. 33i

tement, ne seraient -ils point de vivants emblèmes?

Le globe que nous habitons, en sortant du chaos par la vertu insondable de la parole ordonnatrice, était doué d'une vie universelle; et cette vie uni-' verselle, sans cesser d'être la grande vie de tout ce qui a vie, va formant toujours, par un dévelop- |>ement continu , des vies individuelles, qui ellesmêmes deviennent des sortes de vies universelles produisant, à leur tour, des races, des familles.

La grande loi du monde réalisé veut que la raison de l'être précède l'être.

C'est ainsi que l'essence humaine est apparue, lorsque Ja raison de cette essence est sortie de la pensée divine. Elle est apparue avec la faculté de vouloir immédiatement se détacher de la vie universelle pour vivre de sa vie propre.

Les animaux, privés de cette faculté, ont dû exister avant l'homme; ils sont restés d'une organisation antérieure pour être des signes et des témoins de la vie universelle.

Deux opinions existent parmi les dépositaires de la science, Tancienneté et la nouveauté de la race humaine; pour comprendre comment lune et l'autre de ces deux opinions sont vraies, il faut savoir qu'une partie de la race humaine n'a pu parvenir à se distinguer de la vie universelle, et qu'une autre a conquis la conscience.

Lés statues à gaines, et les statues qui ont les pieds et les mains libres, sont les emblèmes de ces deux modes d'existence.

C'est rOrient et l'Occident.

Orphée, l'homme du Septentrion, voulut abolir les statues à gaines , c'est-à-dire donner à tous les hommes le mouvement et la liberté.

Le moment où l'essence humaine commença à se détacher de la vie universelle pour revêtir les facultés d'une vie qui lui fût propre est un moment cosmogonique, le même que celui de la division des sexes pour l'homme.

La division des sexes, pour l'homme primitif, devait être le type de la division des classes, pour les sociétés humaines primitives.

Vouloir, ne pas vouloir, vouloir à des degrés différents, furent les marques de cette division des classes.

La volonté s'essayant à se rendre indépendante de la vie universelle serait Aonc la véritable origine du mal. Le lait de la mère, le regard de ses yeux, la parole de ses lèvres, sont les antiques traditions trop tôt oubliées par l'homme. Telle est, du moins autant qu'il est permis de l'entrevoir, l'origine du mal dans la sphère de l'homme ; la cause du mal est impénétrable. Orphée nous a enseigné que le mal est conditionnel , (|ue le bien seul est absolu.

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