‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 211 sur 221 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Quand tous les jugements furent prononcés, lancidK des vieillards dit: Nous n'envoyons point de hérauts proclamer, parmi les peuples delà terre, de spéculatife arrêts. Nous les rendons pour signaler une loi de la Providence, et nous laissons à la Providence le soin de faire exécuter une loi fondamentale des sociétés humaines. Toutefois nous sommes attentifs. Lorsqu'une dynastie est déjx)uillée de ses hautes prérogatives, une autre s'élève en silence , et nous la cherchons. Les dieux ont daigné gouverner eux-mêmes l'Egypte, l'aînée des nations, et ils l'ont gouvernée longtemps; mais lorsqu'ils ont voulu confier la puissance aux mains des races mortelles et douées de responsabilité, ils ont marqué la race choisie à des signes qui nous l'ont fait reconnaître. Le monde, en ce moment, est dans un état de mutation. Le vieux serpent quitte ses anciennes écailles pour se rajeunir. Des sociétés nouvelles se forment, d'autres s'avancent vers un siècle dont il n'est pas facile d'apprécier le génie naissant. Les cosmogonies générales nous montrent des changements de dieux pour les âges critiques du monde; les cosmogonies secondaires nous montrent des changements de dynasties pour les âges critiques des différents peuples : tout manifeste la grande forme de l'identité et de l'analogie. Le chêne d'Assaracus, déraciné en Asie, va refleurir dans le Ladum. L'initiation

cabirique a rajeuni une branche détachée de ce tronc vénérable. Les lléraclides croisserft pour l'avenir de la Grèce. La race des Atlantes n'a fini qu'avec l'engloutissement des contrées où elle régna. Une dynastie ne peut tomber sans ébranler le monde. Nous aussi nous allons changer la race de nos rois. Les dieux ont frappé de stérilité celui qui vient de mourir; Théoclyméne n'a point laissé de fils. Mais les prêtres se sont saisis du sceptre; ils ne le donneront qu'après les épreuves convenables. C'est ainsi qu'en agissent les Dactyles de la Crète, les Curetés de la Phrygie.

Pour vous, Thamyris, ajouta l'ancien des vieillards, votre devoir est marqué par tout ce qui vous a été communiqué, par tout ce que vous ont appris vos propres progrès; allez annoncer le sien au roi Évandre.

Mais, auparavant, soyez attentif, une dernière fois, à un résumé de nos doctrines sur les sociétés humaines.

C'est dans la lutte de l'immobilité et du mouvement, du principe stationnaire et du principe progressif, de la fatalité et de la volonté, de la vie universelle et de la vie ayant la conscience de soi; c'est dans cette lutte, plus ou moins extérieure, plus ou moins intime, que les empires s'élèvent et succombent. Voilà pourquoi des collèges de prêtres, des castes, des sages tendent à empêcher

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