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DK FATO ET CA8U

SIVE METAPHYSICUS. 107

tifàctwrn etverum^ com verbo convertuntur. Et ipsi Latini cmn quid celeriter effectum datnm significare volebanty dictumfactum dicebant. Ad haec et rerum Pactum. et verbomm exitum casum dixerunt. Igitur qui Itali ca^„, sapieutes has voces primi excogitanint, œtemum caussarum ovàlneak fittum ^ ejus aetemi caussarum ordinis eventum casum esse sunt opinati : ita ut iacta ^

Dei dicta sint , et rerum éventa verborum , quœ Deus -, "^

loquitur, casus; et fatum idem ac iactum : et ideo Car fatom infatum putanmt inexorabile ; quia facta infecta esse "^''^^'^^ non possunt

Defortuna,

Fortuna sive prospéra , sive adversa dicebatur; ^onunaunàt. et tamen fortuna ab antiquo^Wti^ , seu bonus dicta. Fortus. Quare postea, ut alteram ab altéra separarent^ybrtem Fortuna quid. finrtunam dicebant Fortuna autem Deus est , qui ex certis caussis praeter nostram spem operatur. An igitur antiqua Italiae philosophia opinata est^ Deum bonum £icere quicquid facit, et omne verum , seu • onmeÊictum idem sit bonum? Nos autem prae nostra iniquitate , qua nosmetipsos , non banc rerum uni- ¥ersitatem spectamus, quœ nobis adversantur, mala putemus; quœ tamen, quia in mundi commune conferunt, bona sunt? Itaque mundus sit Mundm oata-

' ^ raî reip.

quœdam naturœ Resp., in qua Deus Opt. Max. commune bonum spectat ut princeps, certum quisque suum uti privatus : et malum privatum sit bonnm publicum : et quemadmodum salus populi in Rep. ab hominibus fiindata suprema lex est; .

, * * ^ ^ ' Quo sensu For-

Ita in hac rerum nniversitate a Deo constabilita , mna omnUuM :;

régi lia.

ia« LIBER PRIMUS,

jfbrtuna omnium regina sit; seu Dei voluntas, qua imiversi salutem spectans in privatis omnimn bo nis y seu peculiaribus naturis dominatur : et uti salud publicae salus privata loco cedit , ita conservationi universi bonum cujusque peculiare postba* beatur; atque eo pacto adversa naturœ sint boni|..

CONCLUSIO.

Oper» pie- Habes , sapientissime Paulle Doria , metapbysi cam humana imbecillitate dignam, qu» homin neque omnia vera permittat, neque onmia neget sed aliqua; christianae pietati commodam, qua verum divinum ab humano discernât , neque hu manam scientiam divinœ, sed divinam humanœ re gulam proponat ; expeidmentali physicae , quœ nun< cum ingenti humani generis fructu excolitur, an SamoMi eptrifl cillantem ; utpote ex qua id pro vero in natura ba capiu. beamus, cujus quid simileper expérimenta faciamns

Etenim habes verare, et facere idem esse (CAP. I. ) atque inde Deum scire physica, hominem scire ma themata ( § I. }, et ita neque dogmaticos omnia ( § I(.] neque scepticos nihil scire (§ III. ). Indidem gêner ideaa^sse^ perfectissimas , ex quibus Deus abso i Iule ftcit; imperfectas, ex quibus homo ex hypo

thesifiicit vera (CAP. II. ). Ex bis ipsis probare caussis esse ipsum efEcere (CAP. III.). Sed qui Deus rem quamvis minimam infinita virtute facit ut existentia actus êtres physica est, ita rerum es sentiam virtutem ac rem metaphysicam esse , prc prium hujus doctrinœ argumentum ( CAP. IV. ). Al que ita esse in metapbysica genus rei, quœ est virtu

CONCLUSIO. 109

extensionis et motus , et iniquis 8ive extensis , sive motibus œqua sabest; idque punctum metaphysicum esse, hoc est rem quandam, quam ex hypothesi puDcti geometrici contemplemur ($!.)• atque ipsis geometrise sacris Deum purissimam et infinitam mentem demonstrari ; inextensum iacere extensa, excitare conatus ( § II. ) , componere motus (§ III. ) et quietum (§ IV. ) movere omnia ($^V.). Habes. in homiuîs anima animum ( CAP. V. ) , et in animo mentem, et in mente Deum prœsidere (CAP. VI. ). Et mentem advertendo iacere (CAP. VII.) ficta, vel ex bypotbesi vera humanam, absolute vera divinam ($ I.} ( $ II. ) ($ III. )• Hinc ingenium homini ad sciendum , seu faciendum datum ( $ IV. ). Habes denique Deum (CAP. VIII.) nutu, seu faciendo, velle ( 5 I. ) : fando sive a^temo caussarum ordine Ëicere : quod nos ex ignorantia nostra dicimus ca- 8um ( § II. ) ex nostra utilitate fortunam ( § III. ). Recipe in tuam fidem , rogo , haec Italorum de divinis rébus placita. Tuum enîm est, qui ex nobilissima et maximarum rerum gestarum monumentis inclyta Italiae familia prognatus es ; et metapbysi£8& cultura doctissimus per Italiam celebraris.

La première et unique édition du petit traité que Ton vient de lire a été imprimée à Naples en 1710. Mais ce n^est pas seulement à cause de son extrême rareté que j'ai cru devoir en enrichir cette préface; c'est à cause de son importance réelle , et sur-tout à cause de son harmonie avec mes idées.

Vico voulut suivre l'exemple de Platon dans le Gratyle, et de Varron , dans les Origines de la langue latine.

Jules César avait fait un livre sur Tanalogie des mots.

La discussion du Cratyle, comme on sait, porte sur la raison des noms et des mots, dans la langue grecque* 11 s'agissait de savoir si, par une loi générale de l'humanité 9 les noms et les mots ont en eux-mêmes leur raison, ou s'ils sont le résultat d'une convention entre les hommes. Enfin il s'agissait de savoir s'ils ont été institués, à l'origine, par des hommes qui, doués de la faculté éminente de nommer, auraient mérité d'être appelés onomath êtes, c'est-à-dire fondateurs de noms. Dans ce dialogue, les doctrines de Pythagore et de Parménide sur ce sujet sont représentées par Hermogène ; Cratyle représente celles d'Heraclite ; Socrate, comme en se jouant, oblige chaqpe doctrine à produire ce qu'elle a de vrai ou de faux, ce qu'elle a de subtil ou de profond. Quant à l'opinion de Platon , elle se sent plutôt qu'elle n'est exprimée: c'est, à mon avis, limpossibilité, pour lui.

d'arriver à une solution certaine et légitime. Toutefois elle reposait dans son génie même ; et s'il ne len a pas fait sortir y c est qu elle ne se montrait pas avec assez d'évidence pour qu'il pût la manifester: tout-à-l'heure nous saurons où était Tobstacle. Quoi qu'il en soit, le Cratyle a cela de très curieux et de très profitable , que la destinée d'un certain nombre de mots y est suivie avec une rare finesse de déduction ; qu'on y trouve expliqué comment quelques langues barbares avaient des avantages sur la langue grecque, sous le rapport de ce type de l'idée , dont elles avaient conservé une plus vive empreinte ; il y est examiné encore ce qu'Homère voulait faire entendre , lorsqu'il disait d'une chose ou d'une personne, qu'elle avait tel nom dans la langue des dieux, et tel autre nom dans la langue des hommes : toutes questions qui devaient rester insolubles avec un interlocuteur aussi délié, aussi pressant que l'était Socrate; questions qui ne pouvaient se traiter que dans une sphère plus élevée, celle où Platon aimait tant à voyager. C'est là seulement qu'il avait appris ce qu'était la langue des dieux , la langue des hommes , la langue des Barbares , car il le savait, mais ce n'était pas dans le Cratyle qu^il pouvait le dire.

Revenons à Vico.

Le De antiqua Ifatorum sapientia devait être composé de trois livres; l'un, le seul qui ait paru, et qui est celuici; l'autre, qui devait être relatif à la physique; et le troisième , qui aurait eu la morale pour objet. On doit beaucoup regretter que ces deux derniers, ou n'aient pas été faits , ou n'aient pas été publiés. Celui qui avait

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la physique pour but de ses recherches, quoiquil eût été) sans doute, fort en arrière de ce temps-ci, aurait cependant été très curieux, car il ne pouvait pas ne pas être empreint de cette perspicacité divinatrice qui, si elle est quelquefois aventureuse, est toujours sûre de soulever un coin du voile. Ainsi il est permis de croire que Vico n aurait pas manqué de trouver, dans la langue, une partie de la science génésiaque, dont nous aveu déjà entrevu les premiers éléments. IjC livre relatif à la morale est plus facile à suppléer, sans qu'il doive moins exciter nos regrets.

Mais il y a dans la langue latine toute une psychologie. Au reste, il est temps de le dire, ceci est une preuve de l'antiquité de la gnosse, puisque tout le système gnostique s y trouve. Antiquité est ici synonyme de spontanéité.

Le volume suivant de la Palingénésie nous fournira

souvent loccasion d appliquer cette direction d idées à

^ la société civile ; et plus d une fois nous rencontrerons

de beUes données psychologiques pour Fespéce humaine

comme pour Findividu.

Toute la physiologie de Vico est fort courte, elle ne pouvait être que cela; et je ne m en occupe point. Seulement j'ai voulu remarquer qu'une psychologie, celle que Fon pourrait induire de la langue latine, serait une gnosse. Vico ignora cette gnosse contenue dans la langue, cette gnosse qui porte Fempreinte, et comme une dernière et ineffaçable trace de FOrient.

11 vante beaucoup la synthèse par laquelle on ne découvre pas la vérité, mais on la fait: telle fut, par

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la suite, la méthode hardie de la Scienza nuova, dans la première édition; car, dans les éditions suivantes, il a employé la méthode timide de lanalyse.

Le chevalier Gavriani a publié, en 1 822 , à Mantoue, quelques considérations sur les lettres, les sciences, et les arts, chez les anciens Romains. Le chapitre vi, consacré à la philosophie , est tout entier dans les données de Vico, dont il emprunte la philologie; mais il ne va pas au-delà de ces données.

Le De antiqua Italorum sapientia a précédé de quinze

ans \aiScienza nuova; et de dix, onze et douze ans , le De

universijuris uno principio et fine una ; le De consiantia

jurisprudentiœ ; les Notœ in duos libros, alterum de uno

juris principio , alterum de constantia jurisprudentiœ.

Ce n est pas le moment de caractériser ces différents ouvrages; l'occasion s en présentera plus tard. Il suffit de dire, dès à présent, que, sans examiner la philologie de Vico , très certainement je tiens pour vraie la féconde inspiration à laquelle il obéit.

Dès 1710 il construisait son observatoire; il inventait le long télescope dont il voulait , à ses risques et périls, essayer la portée, pour voir s'il parviendrait à découvrir de nouvelles terres dans le fond le plus obscur de rhorizon social.

Il aurait pu prendre ici pour épigraphe ces mots, qui ont passé du grec dans le latin : Qui rerum nomina nôrit, etiam ipsas res pemoscet; ou ceux-ci : Nominum contemplationem eruditionis principium.

Vico veut prouver par la langue latine, prise à sa source , lantique sagesse des Italiens. A cela il faut se

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hâter dajouter que les philosophes n ont pas inventé la langue; qu'ils s en sont servis. Platon, dans le Gratyle , eut la même pensée pour la langue grecque , et j ajouterai , à son égard y la même remarque.

La force logique des mots, la puissance de la syntaxe est telle , que Yico a cru la langue latine inventée par le génie philosophique; c'est quelle ressemble à toute langue, sous le rapport général de la forme, et que la forme de Tesprit humain est une forme philosophique.

Ainsi donc une langue à son origine prouve non la sagesse de ceux qui la parlèrent à cette époque , mais cette faculté cosmogonique et synthétique qui est dans toutes les langues ; faculté merveilleuse et indéfinissable.

Voilà pourquoi je me suis cru autorisé à dire que la parole est un destin ; et ceci se trouve dans une homonymie latine, rencontrée déjà pai* Vico. Delà cette expression: Ferborum retigio. Delà cette maxime, consignée dans la loi des xil Tables : lia lingua nuncupàssel, itajus esto.

Voilà pourquoi j oserais dire, de plus , quune langue, à son origine, est douée d une sorte de prescience.

Ainsi donc, encore, une langue, à son origine, représente lenveloppement de FOrient, comme, dans la succession des destinées du peuple qui la parle, elle contient le développement graduel de TOccident.

C'est là ce que Platon entrevoyait sans qu'il pût le définir, quoique ce tùt dans la nature propre de ses idées; et, de ce qu'il ne faisait qu'entrevoir, il ne pouvait s expliquer les langues qu'il nommait barbares , il ne

ii6 SUITE DE LA PRÉFACE.

pQuvait s'expliquer ces locutions d'Homère, la langue des dieux, la langue des hommes.

La puissance de composition de la langue latine , Finflexible destin contenu dans les mots dont elle fut formée , sont indiqués dans le neuvième livre d'Orphée ; ils seront , je lespère , démontrés dans la Formule générale.

La théorie providentielle de Vico un jour sera perfectionnée , jamais elle ne pourra être complète.

Le principe que j'ai adopté, je crois qu'il surpasse de beaucoup en énergie celui de Yico; il est plus susceptible de se compléter. «

Toutefois l'intuition du philosophe napolitain était plus forte que son principe. Nul ne fut plus que lui doué de cette sorte de somnambulisme du génie, qui voit au travers des enveloppes extérieures. Il est venu un siècle trop tôt pour présider à la révolution qui s'accomplit, en ce moment, dans la science historique. Les muses qu'avaient invoquées Empédocle , Pythagore, Architas, et qu'Horace nommait Calabridœ, furent les muses de Vico.

Maintenant tirons du petit livre qui nous occupe quelques points de doctrine; je m'efforcerai de les fixer d'une manière plus positive.

Il me semble que nulle part n'est mieux établie la nécessité de la création ex nihilo; nulle part il n'a mieux été montré comment cette nécessité entre dans la pensée que nous avons des attributs divins.

En samscrit, sat, être; osât, non-être. Les Grecs distinguèrent le non-être du néant. Les Latins n'avaient qu'un mot; à cause de cela, les traductions de Lucrèce doivent avoir bien des contre-^ens.

Ici donc il y a eu naufrage d un mot dans la transmission du langage cosmogonique.

Les mots qui se rapportent aux idées du temps et de Tespace sont les mêmes : cette remarque , appliquée, par Vico, seulement à la langue latine , peut s appliquer également à d'autres langues anciennes ; et c est un caractère à étudier, parceque c'est un caractère primitif.

Uabstraction est une imperfection de notre nature, une preuve des limites qui sont assignées à la puissance de riiomme; c'est l'abstraction qui est la mère de la science humaine.

A ce sujet , il faudrait étudier la réalité des idées. La création d'une idée est une création réelle, mais impuissante. Le mot: Donnez-moi de la matière et du mouvement , je ferai un monde ; ce mot est l'expression de l'impuissance. Si l'homme crée le monde de ses pensées, il ne peut arriver à lui donner la forme plastique. Dieu seul a la puissance de réaliser ses pensées.

Ainsi Dieu crée le concret, Fhomme ne peut créer que l'abstrait; delà cette maxime de Vico : La physique est de Dieu, les mathématiques sont de l'homme.

M. de Maistre a dit : Le nombre est la barrière évidente entre la brute et nous. Selon Vico , dans la langue latine , brute et immobile sont identiques. La perfectibilité est donc un attribut humain. La perfectibilité , c'est le développement, c'est-à-dire l'homme considéré comme se détachant de la cause générale , de Finfini , pour arriver à son existence propre , à la conscience. Sans la nécessité du développement, sans la liberté, sans la conscience, letre intelligent ne serait qu'un

ii8 SUITE DE LA PREFACE.

animal plus parfait, une manifestation passive de Dieu , une brute admirable.

La faculté d'abstraire est refusée aux animaux ; par conséquent, ils sont privés de moralité, c est-à-dire qu'ils nont pas la responsabilité, qu'ils échappent à Fimputabilité. Le principe immatériel n'est pas le principe immortel. Remarquez que la responsabilité fîit refusée à certaines classes d'hommes, chez tous les peuples de l'antiquité, et qu elle a été départie à tous par le christianisme. Cette prérogative, plus elle est haute , plus le prix qu'y a mis la Providence est élevé.

Vico a dit : Similitudo inorum in nalionibus sensum communem gignit. Ceux qui étaient privés de la responsabilité, par^là même se trouvaient exclus des mœurs générales. Le nombre de ceux qui entrent dans les moeurs générales a toiyours été s'augmentant

Ce sont les moeurs qui donnent au langage sa couleur et sa physionomie : delà l'immobilité, et j'oserais dire l'impassibilité d'une langue morte.

Les hommes en dehors des mœurs ont des patois immobiles , par la même raison ; et, à mesure que ces hommes entrent dans les mœurs, leurs patois disparaissent.

J'ai employé le mot numen dans un sens que signale Vico. Ce mot, en effet, signifie assentiment et volonté. Tous les dieux furent numina , et chaque dieu eut son numen.

Quelqu'un a dit : Ce qu'on ai^ppeUe nature, dans les êtres simples, c'est la source d'où découlent leurs modifications; leur nature renferme la raison suffisante die ce qui leur arrive.

SUITE DE LA PRÉFACE. iiy

Numen et natura sont synonymes dans la langue latine prhnitiye.

D après quelques philosophes , Tessence est le point où s'arrête la divisibilité.

L essence , d'après Yico , dans la langue latine , c'est la force virtuelle.

La matière, lorsqu'elle entre dans le mouvement de l'organisation, ne cesse pas d'être matière , et de conserver en elle les lois primitives et inconnues qui la régissent L'oiganisation et la vie suspendent ou modifient ces lois, mais ne les anéantissent pas. Aussi lorsque la vie et l'organisation cessent, la matière rentre sous l'empire de ses lois primitives.

L'organisation et la vie ne peuvent pas même suspendre ou modifier tellement ces lois qu'elles ne se manifestent de quelque manière. Delà certains désordres dans l'économie animale, certaines perturbations, certaines maladies.

Toute plante pivote sur un morceau de terre ; sans cela elle ne pourrait naître, se développer, monter vers le ciel, présenter son éclat, ses parfums, ses firuits. Le germe pourit dans la terre , et la plante est produite. Un fait intellectuel pivote sur un fait physique. L'ame incorruptible croit sur le corps corruptible, apparaît dans le monde phénoménal, pour briller dans le monde iatellectaeL

Le corps périt lorsque l'ame n'a plus besoin de lieu.

La matière subit des transformations ; vous n'arriverez jamais à l'atome inorganique , à la molécule brute. n y a une puissance d'organisation qui fait ces trans-

formations successives, image de toute palingénésie. Chose singulière! concevoir la matière est un effort immense de la pensée ; c est une sorte de création , ou plutôt d'abstraction, car la madère n'existe pas.

Le Shaster, vulgairement appelé Bédang, explique ainsi le mouvement: De Faction opposée de la qualité créatrice et de la qualité destructive dans la matière naquit d abord le mouvement. Pour rendre compte de l'hypothèse de Vico , il faudrait remonter kla philosophie grecque, et, de là, arriver à Descart68*^ Je préfère signaler une loi du monde social. Dansles sociétés humaines, le mouvement s explique par la lutte du principe stationnaire ou fatal contre le principe progressif ou volitif ; du principe initiateur contre le principe initiable; du principe dorien mâle contre le principe ionien femelle; du principe patricien contre le principe plébéien.

Le chapitre m du petit traité de Vico implique une question que lauteur ne prévoyait sans doute pas, parcequ'il ignorait TOrient , et la voici.

Jusqu'à quel point est-il donné à Thonmie d entraner la nature extérieure dans la sphère de la liberté humaine, d'assujettir cette nature extérieure, de lennoblir en la domptant, en la subjuguant, en la transformant? Nous pénétrons de nos facultés assimila trices le régne animal , le régne végétal , le régne minéral. Évidemment notre sphère d activité étend son domaine. Jusqu'à quel point laffranchissement des formes pour l'univers et pour l'homme peut-il être l'ouvrage de l'homme même? Jusqu'à quel point pouvons-nous espérer d'arriver à l'ancien magisme, en le sanctifiant?

C est là le dernier mystère que TOrient cache encore dans son sein ; il faut que l'Occident travaille à le faire se manifester.

Que le christianisme soit son guide pour imprimer le sceau moral à cette conquête.

Dans l'Edda, Balder est menacé d'un grand péril. Odin et Frigga obtiennent du feu, de leau, des pierres, des hommes, des animaux, de la foudre^ des poisons, des maladies, le serment de respecter les jours de Balder. Ce sennent solennel des éléments , de tous les êtres animés ou inanimés, n indique-t-il pas la source orientale du mythe Scandinave?

Le petit livre de Vico donnerait lieu à bien d autres remarques, à bien d'autres inductions. Dans le temps où il parut, il fut attaqué par deux savants auxquels Yico répondit avec quelque étendue. On a publié, en dernier lieu, une traduction italienne du livre latin, et Ion y a joint les deux réponses ; Ion aurait dû y joindre aussi les objections elles-mêmes ; car ce n'était pas sans raison que Tun des antagonistes du philosophe napolitain disait que le livre avec les objections et les réponses formeraient une métaphysique complète.

J'ai noté seulement les choses qui se rapportent le plus à l'ensemble de mes idées : tel devait être , en effet, mon but.

Ce qui était important pour moi, c'était de montrer, une fois, comment on peut parvenir à établir une cosmogonie intellectuelle par les langues, et comment la langue d'un peuple est la cosmogonie de ce peuple.

Au reste, pour Vico lui-même, ce livre ne fut qu un

point de départ; il peut être le point de départ de beaucoup d autres.

Ce point de départ est devenu un des axiomes de la Scienza nuova, que voici :

Lingua di natione antica che si è conservata régnante finchè pervenne il suo compimento, debb' essere un gran testimone de costumi dé* primi tempi del mondo.

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