‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 30 sur 221 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

causaient de mortelles alarmes sur son fils Pallas, pieux héritier d'un trône qui ne pourra point s'affermir. Ce jeune prince préludait, par les durs exercices de la chasse, aux cruels travaux de la guerre. Trop tôt, hélas! il devra déployer son courage dans les combats meurtriers; trop tôt, noUe victime de l'hospitalité généreuse, il périra pour la cause alors inconnue d'un étranger par qui vont se renouveler encore les destinées humaines.

Évandre avait reçu, depuis peu, dans sa cour modeste, un chantre inspiré dont il ignorait la patrie et l'origine; et, pour se conformer à l'usage antique, avant de l'admettre à la sainte communauté du sel, il avait fait, avec lui, échange de présents. Thamyris était le n^p du chantre inspiré; ce nom , qui lui fut mérité par sa voix harmonieuse, n'est point demeuré obscur parmi les hommes. Confident des quatre muses filles du ciel, dès sa plus tendre enfance, Thamyris avait parcouru les îles et les mers, avait visité les lieux célèbres, s'était rendu savant dans toutes les sciences divines et humaines. Mais les muses qui l'avaient ÎDStrtnt, étaient des muses jalouses, conservatrices rigides du mystère civil et social; elles ne surent point supporter sans déplaisir qu'il divulguât ce qui lui avait été enseigné. Elles se repentirent, dit-on, d'avoir laissé un plébéien s'avancer, mal-

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