‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 35 sur 221 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

milives, dont le secret, jusqu'à présent, est resté enseveli dans leurs souterrains, les prêtres de 1*É- (rypte, attentifs alors à tout ce qui pouvait produire lavancement des hommes sur la terre, ha** biles à suivre, et même à diri{]^er les destinées des différents peuples, n'ignoraient pas qu Énée allait, avec les débris de Troie, fonder un empire dans le Latium. Cette contrée, où les travaux de lliomme venaient d'être renversés par la formidable puissance dune nature ébranlée, où des fleuves de feu avaient coulé sur les monuments à peine achevés des Ombriens et des Sicans; cette terre, encore mal affermie, attirait, en ce moment, tous les regards. Énée avait été reconnu , dans rassemblée des sages, père et chef d'une nouvelle race royale. La Parque s'était, dit-on, expliquée. Il fallait donc préparer les voies, et s assurer que les symboles de l'Orient, les pénates d'Énée, ne seraient point repoussés de toutes les côtes de Tltalie, que le héros pourrait fonder l'empire promis à ses armes. Les sages avaient pensé que le vieil Évandre devait être le lien naturel entre des fortunes si diverses. Le parjure de Laomédon âvait été assez puni, et la justice divine, une ^is satisfaite, il n'y avait plus de place que pour Ja clémence. Le châtiment ne doit point se per- ;|>étuer à l'infini sur la terre. Le sceptre d'Ilus deurira sur d'autres rivages-, et les choses fa-

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taies de Troie deviendront les choses fatales d'une cité qui ne sera vassale de nulle autre. L'outre gonflée, marque et gage de l'éternité, sera respectée de la tempête. La noble Vesta de Pergaine trouvera un sanctuaire où elle recevra les hommages nouveaux. Ainsi les vénérables traditions se succéderont sans être interrompues, et se perpétueront religieusement parmi les hommes. Toutefois les sages, dans leurs conseils, n'eurent jamais le fol orgueil de rendre des arrêts dont ils voulussent exiger l'exécution; ils ne faisaient quacquiescer d'avance à ceux où ils reconnaissaient la marque de la volonté divine. Ils ne faisaient point le destin, ils y obéissaient les premiers. Ils savaient ce qu'exigent d'adoration l'économie générale de la Providence, et de respect la liberté des êtres intelligents. Toute vue élevée, toute vue intime, dans les affaires humaines, consistent seulement à voir ce qui est, et, dans ce qui est, le germe infaillible, la prophétie de ce qui doit être.

Thamyris se décide à accomplir une tâche qui lui est imposée. Les préceptes de la sagesse ne doivent point être arides; ses oracles animent une poésie quelquefois mâle et sévère, quelquefois douce et persuasive, selon le besoin des hommes, selon le grade de l'initiation. Des récits touchants et variés sont le cadre heureux qu'a choisi l'envoyé

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