‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 76 sur 221 · LIVRE TROISIÈME. loi · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. loi

de la race, le lare que tu ^ne peux nommer? Adieu; garde le souvenir de la sibylle de rancien monde, qui ne fut point un être malfaisant.

Le silence le plus profond suivit des paroles si extraordinaires. Orphée interrogea encore plusieurs fois, et nulle voix ne répondit. Il joua encore de la lyre, et tout resta muet autour de lui. 11 entendit seulement un léger bruit, comme est sans doute celui du serpent rajeuni, qui laisse parmi-les feuilles desséchées de la forêt lenveloppe dont il vient de se dépouiller. Le poëte chercha son chemin, et ce ne fut p^s sans peine qu'il parvint à sortir de Fantre. Héros pieux, il disait en luimême : Est-ce à moi d envisager la destinée qui m attend ."^ Qui suis-je, pour^m opposer à Tordre immuable des choses ? Que je sacheou que j^ignore Favenir, nai-je pas la même conduite à tenir? L%omme ne doit-il pas accepter l'épreuve, sous quelque forme qu'elle se présente? Ne faut-il pas quHl J'accepte pour qu'elle lui soit profitable? Uesprit accablé de mille pensées amères, il retourna auprès d'Eurydice, mais il tut la fin de sa vision.

Dès ce jour, cependant, Orphée croit avoir accompli le devoir dont les dieux avaient caché le projet dans son sein. L'entretien de la sibylle, tout en lui causant une tristessç infinie , qui subsistera toujours , lui inspire une sorte de confiance.

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