‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 87 sur 221 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

lés institution^ humaines, et il leur survit. Roi de la colline carrée, je ne puis tien affirmer; je Uai assisté qu à une sorte de théôphanie, oh sont rappelées les tristes aventures de Perséphone et celles d'Eut^dice, traduites eii langage Symbolique. Moissons dorées, n'êtes- vous pas Temblètne de la vie à venir? Dans ce lieu, tout rappelle la douleur et les bienfai ts d'Orphée.

Toutefois, il est permis de penser que s'il eût pu rendre la science vulgaire, comme on croît qu'elle l'est en Crète, le héros ma^^nanime n'aurait point hésité à promulguer les mêmes lois pour tous. Une haute prévision lui avait appris que l'humanité, la poésie, la philosophie, les arts, ainsi que la gloire, noble prix du génie, sont choses plébéiennes : cette prévision, Évandre, est fondée sur la connaissance de la nature intime de notre être, sur la contemplation de l'ordre et de l'enchaînement des destinées de ce monde sublunaire.

Les prêtres de la Somothrace me firent aussi part de leurs conjectures sur l'origine inconnue d'Orphée. Les uns le disent fils de la muse Calliope ; d'autres le font naître d'un fils d'Atlas. Quelques uns le croient né dans la Scythie, région de l'exil et du silence, et pensent que son berceau fut merveilleusement apporté à Lébethra, dans la Thrace, oh il devait instruire les hommes. On dit aussi que

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le père de Vola ne peut être autre qu Olen de Lycie, Olen chantre célèbre des calamités de lancien monde ; et la Lycie est la région de la lumière. Orphée ne parla jamais de sa vie , ni d aucun des siens ^ il laissa toujours la renommée raconter à son gré.

Après avoir su des prêtres de la Samothrace tout ce qu il m'était donné de savoir, je les quittai pour aller dans la Thrace, chercher de nouvelles lumières. Fils de la Thyade, ce sera le sujet dun autre entretien.

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