‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 92 sur 221 · LIVRE QUATRIÈME. i3i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. i3i

bylles du siècle cpà vient de finir, je les ai connueiiV;Blies disaient : Comment les hommes pourraient-ils espérer de durer, lorsque les Titans ont passé? Elles ont dit en vain! Il ne sag^t plus de combats contre les éléments, contre les forces cosaiogoniques, contre le chaos. Voilà que la lutte e9lE«ntre les hommes. Celui qui vous apparaît làhaut, semblable à un dieu, c'est celui que les destins ont promis. Il a un nom dans les sphères délestes, et un autre nom sur la terre. Il est Orphée pour nous. Il nous apporte la g^uérison, c'est-à-dire qu'il vient relever les natures infimes, les rendre égales aux natures fortes. Que l'homme succède au Titan ! son tour est venu. Celui-là, Orphée, l'envoyé des Dieux, nous dira les paroles sacrées qui font la famille. Â ces mots, elle s'élance pour gravir la colline ; mais à mesure qu elle s'élève , il semble qu'en elle la forme humaine va s'évanouissant, et elle finit par se perdre dans les flots de lumière dont le sommet de la colline est eouronné.

On ignorait d'où elle était venue; on n a point appris depuis où elle était allée; elle ne fut pas même aperçue du plus grand nombre. Il ne resta donc plus qu'Orphée. Nous nous approchons tous, confondus les uns avec les autres, sans songer à nous attaquer, ni à nous défendre. Je ne sais quel lien de confraternité nous tenait enchai-

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nés au pied de la colIiDe des meryeiUes. Les hommes étaient stupides d'étonnement; les femmes et les enfants manifestaient les signes de Fenthousiasme et de Fexaltation , par Fenivrement de leurs regards et Fadoration de leurs attitudes. Un dieu ! un dieu! criait cette multitude confuse. Des facaltés nouvelles étaient créées dans tous. Orphée avait suspendu ses concerts, et nous écoutions encore. Nous attendions, et le silence le plus profond régnait : ce silence n'était interrompu que par le bruissement de la forêt que les flammes continuaient de dévorer, et par les terribles rugissements des bêtes féroces, chassées de leurs tanières. Une lueur affreuse éclairait nos visages tout-à-Fheure si menaçants, etprojettait en haut, sur le poëte divin, une lumière éclatante, mais adoucie ; arrivée à lui , elle ne paraissait être que la lumière même de sa gloire. Bientôt il recom* mença ses chants, et nous continuâmes de Fécouter avec ravissement , jusqu au moment où le soleil parut sur Fhorizon. Tout le calme qui avait pénétré nos âmes ne peut s exprimer; nous restions immobiles de surprise et d admiration. Telle fiit, pour nous, Faurore de Fhumanité.

Moi, plus hardi que tous, ou peut-être plos doué des désirs féconds de Fintelligence, je voulus monter sur la colline , pour m approcher de la divinité qui avait eu la puissance de suspendre

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