LIVRE QUATRIÈME. i
nos fiireurs, et qui avait empêché deux multitudes destinées à devenir deux peuples de s^xterminer brutalement. Je restai la plus grande partie du jour avec Orphée. Il m'enseigna les hautes doctrines sociales, les fondements des lois sur lesquelles re}X>sent les institutions humaines. Il m'apprit que le premier moyen de civiliser les hommes était de placer leur vie dans Fa venir, de leur faire goûter les charmes de Tespérance. Ils sont misérables, me disait-il, tant. qu'ils n'ont pas conçu la pensée du lendemain, celle de l^fanée suivante, puis enfin celle de la postérité, car toutes les pensées d'avenir se tiennent; pour croire à la vie qui doit suivre celle-ci, il fiiut commencer par croire à cette vie elle-même, à cette vie passagère. Les races n'existent qu'à ce -"prix, et les races sont une forme de l'éternité ; l'éternité, c'est le temps non mesurable; Ceux qu'à présent vous appdez Odrysiens, et qui naguère étaient sans noms, désormais se distingueront les uns des autres par la diversité des noms. Ils ê^orgex}X les animaux, pour en dévorer la chair, poui; en boire le sang. Ils ne savent qu^rracher les racines de la terre, et dépouiller de leurs fruits sSuvages les arbres des forêts. Sitôt que leur faim est apaise; ils se livrent au repos. Leur intelligencfe ne peu,t se développer. Ainsi le premier moyen- de civiliser les hommes 0st de leur enseigner à semer le blé.
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Us sont alors obligés de prévoir et d attendre. , Toute la société est dans ces rudiments grossiers; car, feulement alord-, il peat y avoir de saints mariages, fondement de toutes les associations: la culture du blé, cette lutte pénible contre la réalité de chaque jour qui passe, conduit à la propriété, autre lien moral des bommes, second fondeilient de la société. Il m apprit aussi que la terre n'était^ pas^.au ^premier occupant, qu elle était le prix eu travail , qu elle était une chose divine ; qne, par la cultnre, elle devient portion de lliumapikté, que Thomme et le sol s'identifient, et que la culture est une religion. Les défrichements sont donc le culte des dieux de Fhumanité, et dest par ce culte qu'il faut tout commencer. OBagrius, sois le pontife de ce culte initiateur! Les formidables travaux des Titans ont préparé la demeure de l'homme; avec des travaux plus facile, l'homme doit s'assujétir la terre. Parmi cette multitude confuse, née fortaiteâient d'une.honteuse promiscuité, toi seul, Œagriu», as connu^celui qui fut tdti père. Tharops a quitté la. vie, mais je t'apprendrai oii gît sa dépouHle mortelle. Blnbchus, dont il lui a été donné de conriaîfre quelques révélations, Bacchus a pris soin de le faire ensevelir par ses Ménades. Avant toutes choses,* tu élèveras un tombeau solennel à celui par cj^i tu jouis de la lumière dju jour. Tou-