‹ Essais de persuasionChapitre 109 sur 120 · LL D · texte numérisé non relu

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des temps nouveaux, et en attendant, si nous devons être de quelque utilité, passer pour dangereux, intémpestifs, peu orthodoxes, infidèles même à ceux qui nous ont précédés.

Dans le domaine économique, cela revient à rechercher une nouvelle politique et de nouveaux instruments, capables de contrôler et d'adapter le jeu dés forces économiques, de façon à ce qu’elles ne contrecarrent pas ouvertement les idées modernes de justice et de stabilité sociale.

Ce n’est pas un hasard qui veut que la première phase de ce conflit politique qui peut durer longtemps et revêtir des formes diverses, se manifeste dans le domaine monétaire. Car les atteintes les plus violentes à la justice et à la stabilité, que dut tolérer le xix° siècle au nom de la philosophie de l’abondance, sont précisément celles qui eurent pour source les modifications du niveau des prix. Pareilles modifications, surtout lorsque les pouvoirs publics cherchent à vous les imposer d'une façon encore plus sévère qu'au x1x° siècle, sont devenues into-

lérables pour nos institutions et incompatibles avec les

idées modernes.

Insensiblement, notre philosophie économique s’est modifiée, nous ne raisonnons plus comme autrefois, êt ne supportons plus les mêmes choses; cependant, nos procédés techniques et mos théories livresques sont

demeurés les mêmes. De là proviennent à la fois nos.

malheurs et nos larmes.

Le programme d’un parti se précise de jour en jour dans ses détails, à l’épreuve des faits et dés réalités; inutile de le définir à l’avance, on ne peut qu'en tracer les grandes lignes. Mais pour que le parti Radical retrouve sa force, il faut. qu'il ait une ligne de conduite, une philosophie, des directives. J'ai tenté d'indiquer mon attitude envers les problèmes politiques, et je laisse à

d’autres le soin de répondre à la lumière de ces lignes, à la question que j’ai posée à leur début : Suis-je ou non

Radical?

U Je ne tiens pas à vivre sous le règne d’un gouverne- | ment conservateur pendant les vingt années qui vont L: suivre. Je crois que les éléments avancés de ce pays se : 4 trouvent lamentablement partagés entre le Parti Radical 1 2 et le Parti Socialiste. Je ne crois pas que le Parti Radical : 80RE gagne un tiers des sièges à la Chambre des Communes, se selon les circonstances prévisiblés. A moins qu'à la TE longue, les fautes commises par le Gouvernement Conser- ju Ù vateur n’amènent une catastrophe économique — ce qui pe n’est pas impossible — je ne crois pas que le Parti Sone cialiste gagne la moitié des sièges à la Chambre des E Communes. Et il n’est pas à souhaiter que la prise du

rs pouvoir par les Socialistes dépende d’une calamité nationale; car cela ne ferait que fortifier au sein de ce parti la position des partisans de la Catastrophe qui constituent déjà un élément important dans ses rangs. Telles que les choses se présentent actuellement, nous n’avons donc rien d'autre à espérer que le maintien au pouvoir de Gouvermements Conservateurs, non seulement jusqu’à ce qu'ils aient commis le nombre de fautes qui, autrefois, eût entraîné une oscillation opposée du pendule, mais jusqu’à ce que leurs fautes prennent les proportions d’un véri-

1. Liberalism and Labour. — Substance d’un discours prononcé le 9 février 1926 au Manchester Reform Club.

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