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CAPACITES DE PAIEMENT DE L'ALLEMAGNE

répartition interne que la production. Mais nous devons tenir compte de Ia dette extérieure contractée par l’Allemagne durant la guerre, de l’épuisement de son stock de matières premières, de l’affaiblissement de son troupeau, de la décroissance de la production de son sol, par suite du manque d'engrais et de maind'œuvre, de la diminution de sa richesse résultant de l’absence des réparations et des renouvellements nécessaires durant près de cinq ans. L'Allemagne n'est plus aussi riche qu'avant la guerre, et les motiis que nous venons d'examiner, — Îles autres éléments une fois mis à part, — réduisent ses économies annuelles d’une somme qui ne peut être évaluée à moins du dixième de ce qu'elles étaient, soit £ 40.000.000.

Ces facteurs ont déjà ramené l'excédent annuel de l'Allemagne à moins de £ 100.000.000. C’est ce chiffre que, sur d'autres bases, nous avions obtenu comme devant être le maximum de ses paiements annuels. Et si l’on nous répond que nous n'avons pas fait la part de l’abaissement des conditions de vie et de la diminution des satisfactions qui peuvent être raisonnablement imposées à un ennemi vaincu, il reste toujours une erreur fondamentale dans le système d’évaluation. Un excédent annuel, disponible pour des dépenses inté-

rieures ne peut être transformé en un excédent dispo-

nible pour l’exportation qu'à la suite de modifications radicales des travaux accomplis. Le travail qui rend des services utiles à l’intérieur de l’Allemagne peut ne pas trouver de débouché dans le commerce extérieur. Et nous sommes ramenés à la question qui se présentait à nous lors de notre examen des exportations, — dans quelles exportations la main-d'œuvre allemande trouvera-t-elle un débouché largement accru? On ne peut faire passer le travail sur de nouvelles voies qu'avec une diminution de productivité et des grandes dépenses de capitaux. L’excédent annuél que la main-d'œuvre allemande peut produire en vue d'améliorations inté-

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rieures, ne peut pas servir de mesures, ni en théorie, ni en pratique, au tribut qu’elle peut payer à l'étranger.

Nous ne pouvons quitter ce sujet en ayant l’air de croire qu'il ne dépend que de nos engagements et que dé phénomènes économiques. Une politique qui réduirait à la servitude toute une génération de l'Allemagne, qui avilirait la vie de millions d'êtres humains, qui priverait de bonheur toute une nation, serait odieuse et abominable, — odieuse et abominable, même si elle nous enrichissait, même si elle ne semait pas la ruine de la vie civilisée de l’Europe entière. Certains la préconisent au nom de la Justice. Au milieu des grands événements de l’histoire humaine, au milieu du déroulement du destin complexe des nations, la justice n’est pas si simple. Et à supposer qu'elle le soit, les nations ne sont pas autorisées par la religion ou la morale naturelle, à punir les enfants de leurs ennemis des crimes de leur père ou de leurs maîtres.

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