‹ Essais de persuasionChapitre 46 sur 120 · HER · texte numérisé non relu

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national s’il parvenait à faire davantage que de réduire le mouvement de Déflation, servirait surtout à ramener x des travaux d'aménagements intérieurs, des capitaux qui pour l'instant s'en vont à l'étranger, et qu'il y aurait à un résultat des plus favorables aux intérêts de la Banque d'Angleterre.

On a objecté que si nous prêtions moins à l'étranger, nos exportations diminueraient. Je ne vois pas de raison pour faire pareille déduction. Comme je viens de le dire, une réduction du montant net de nos placements soulagerait aussitôt l’encaisse or de la Banque d’Angleterre. Et par la suite, elle aurait pour effet essentiel, non de réduire nos exportations, mais d'augmenter nos importations. Car les nouveaux projets d'outillage nécessiteraient l'emploi d’une certaine quantité de matières premières, et d’autre part, ceux qui se trouvent aujourd'hui sans travail consommeraient davantage d'aliments importés, lorsqu'ils toucheraient à nouveau des salaires normaux,

Voici donc ce que nous pouvons répondre. Les réserves qui serviraient à faire face aux projets de M. Lloyd George, ne seraient pas détournées du financement d’autres travaux, mais proviendraient en partie des caisses de chômage. Elles seraient tirées de réserves qui actuellement se perdent, faute de trouver des crédits suffisants. Enfin, il faut compter également sur Ja prospérité même qu'engendrerait l'application de ce projet. Et l’on compléterait l'équilibre en réduisant les prèts à l'étranger.

Tout le travail des chômeurs est prêt à accroître la richesse nationale. Ce serait folie de croire que nous nous ruinerons financièrement, en essayant de l’employer et que « Sécurité » d'abord consiste à continuer à laisser des hommes dans l’oisiveté.

C’est justement à l’aide de nos ressources productives inemployées, que nous ferons de nouveaux placements.

Nous sommes en présence d'une proposition claire,

simple, el assurément avantageuse, Quelles que puissent être les difficultés qu'il y ait à trouver de nouveau du travail pour nos chômeurs, on ne saurait prétendre qu'on s'expose ce faisant à priver de ressources d’autres entreprises employant déjà de la main-d'œuvre.

Toute noire politique économique, au cours des der- :

nières années, a été dominée par les préoccupations de la Trésorerie, d'opérer une conversion de la Dette. Moins le Gouvernement empruntera, pense-t-on, plus il aura de chance de convertir la Dette nätionale en emprunts comportant des intérêts moins élevés. C'est donc en vue d’une conversion que les experts ont cherché à supprimer tout emprunt public et à réduire les dépenses de l'Etat, même les plus indispensables et les plus productives. Je me demande si le gros public se rend compte des graves conséquences et des répercussions nombreuses et infinies que peut avoir pareille attitude.

À tout projet soigneusement conçu d'entreprise et de progrès, ils ont opposé, de façon délibérée (quand ils l’ont pu) une fin de non recevoir. Or, il est vrai qu’en réduisant les dépenses et les subventions de l'Etat, on travaille à faire baisser le taux des intérêts de l'emprunt. Mais il n’est pas moins vrai qu'on travaille en même temps à accroître le chômage et à laisser le pays dans l'état d'équipement industriel où il se trouvait avantguerre.

Même d’un point de vue budgétaire, on peut se demander si le jeu vaut la chandelle. Il semble certain qu’une étude un peu approfondie de là question, amène une réponse négative. Le marché des capitaux est un marché international. Toutes sortes d'’influences qui

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